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L’impact environnemental des produits étiqueté par le groupe Casino

Les consommateurs en recherche d’écoresponsabilité peuvent se féliciter de la récente initiative du groupe Casino. Celui-ci sera en effet le premier acteur de la grande distribution à se lancer en France sur la voie d’un « étiquetage vert » des produits qu’il distribue. L’idée est simple : informer le consommateur sur l’impact environnemental des produits proposés afin d’éclairer ses choix. Emissions de gaz à effet de serre occasionnées par la production et le conditionnement du produit, nombre de kilomètres parcourus, aptitude au recyclage… l’étiquetage environnemental passe une nouvelle étape, dont on ne peut que se féliciter, tant le manque d’informations était jusqu’alors flagrant.
Une information jusqu’alors très opaque
Comment juger de l’écoresponsabilité d’un produit dans une grande surface française ? Jusqu’à aujourd’hui, l’affaire n’était pas simple. Seul un niveau d’information relativement poussé et un bon sens rigoureux permettaient de comprendre pourquoi un fruit de saison était en général préférable à un fruit « exotique », pourquoi les suremballages et les conditionnements individuels n’étaient a priori pas souhaitables, ou encore pourquoi un produit d’origine locale devait le plus souvent être privilégié. Cette « culture de l’écoresponsabilité » n’offrait en outre la plupart du temps aucune garantie quant à l’intelligence de ses choix, tant les paramètres susceptibles d’influencer le bilan environnemental d’un produit sont nombreux et souvent invisibles.

Les nombreux efforts de sensibilisation des consommateurs se heurtaient en effet à l’opacité de l’information. Comment savoir si tel produit, d’origine locale, n’a pas été conditionné à des milliers de kilomètres, générant par le biais des transports des émissions de gaz à effet de serre a priori invisibles ? Comment connaître l’origine géographique des différents composants d’un produit fini ? Comment évaluer le mode de production de tel autre ? L’indisponibilité de tels renseignements a découragé plus d’un acheteur pourtant sensible aux enjeux environnementaux de notre développement.
Un réel effort de transparence
Comment dès lors ne pas se féliciter de l’initiative prise par le groupe de distribution Casino ? Celui-ci propose une nouvelle expression du principe d’étiquetage environnemental des produits. Après l’étiquetage énergétique des produits électroménagers ou des voitures, l’enseigne va en effet progressivement indiquer au moyen d’un nouveau type d’étiquette l’impact environnemental de 3000 produits qu’elle distribue. Ses 450 fournisseurs fournissent peu à peu les renseignements nécessaires à pareille entreprise. Les émissions de gaz à effet de serre occasionnées par la fabrication du produit et de son emballage, la part de l’emballage apte à être recyclée et surtout le nombre de kilomètres parcourus par le produit et ses composants seront ainsi visibles pour le consommateur. Un code couleur classifiera les produits en fonction de leur impact global, le vert indiquant bien entendu le produit le plus performant d’un point de vue environnemental, le rouge le plus destructeur.

Ces critères ne sont pas encore tout à fait satisfaisants, quand on connaît par exemple l’importance de la durée de vie d’un produit pour juger de son « éco-efficience ». Cependant, la démarche doit être encouragée, tant elle est susceptible d’influencer les consommateurs, et par conséquent les distributeurs et fournisseurs. Elle sera probablement imitée par d’autres acteurs du secteur. L’ADEME a validé l’approche, également mise en avant par Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat à l’Ecologie.
Un risque de confusion ?
Espérons que cet étiquetage soit rapidement normalisé : la multiplication des labels, des normes, des logos et autres étiquettes permet une amélioration constante de l’information des consommateurs. Mais le risque de confusion s’accroît également face à cette course au « plus vert que vert », dont tous les acteurs ne font pas preuve de la même rigueur. Equitable, éthique, bio, raisonné, économe en énergie, recyclable, recyclé, local, … le risque de désorientation est réel.

Dans ces conditions, une « étiquette développement durable » indiscutable peut-elle être espérée ? Probablement pas, l’intelligence de nos choix en tant que consommateurs au regard du développement durable relève d’une telle multiplicité de critères, sociaux, environnementaux et économiques, qu’il semble impossible de la codifier de manière pertinente pour l’acheteur. L’expérience menée par Casino constitue à ce titre une solution intermédiaire intéressante, puisque l’étiquette combine plusieurs critères environnementaux essentiels sans se diluer dans la complexité. Espérons ainsi qu’un niveau d’information supérieur permettra une reformulation des choix des acheteurs, qui peu à peu, ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas…
[27-07-2011]
 

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