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Effet de serre et changement climatique

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La Semaine Mondiale de l’Eau s’achève sur des constats alarmants

Cascade-extraitLes 2500 experts réunis du 12 au 18 août à Stockholm pour la 17e Semaine Mondiale de l’Eau ont achevé leurs travaux. Autour du thème des "progrès et perspectives dans le domaine de l'eau : pour un développement durable dans un monde qui change", les débats ont notamment porté sur l’impact du changement climatique sur la ressource, sur les inégalités d’accès, les problèmes de financement, et les perspectives liées au développement des biocarburants. Un panorama préoccupant.
 
Des tensions chaque jour plus importantes sur la ressource
L’eau a beau être identifiée comme l’un des enjeux majeurs de développement au niveau mondial depuis 1992 et le Sommet de la Terre à Rio et les initiatives se multiplier, les constats effectués à son sujet demeurent extrêmement préoccupants, comme l’ont montré les échanges tenus lors du dernier Forum Mondial qui lui a été consacré à Stockholm.

Au niveau planétaire, une personne sur cinq n’a toujours pas accès à l’eau potable. Cette inégalité d’accès s’accompagne d’une utilisation extrêmement différente selon les pays : en moyenne, dans les pays en développement, 20 litres par habitant sont consommés quotidiennement, contre 326 litres au Canada, 252 litres en Suisse, ou 137 litres en France. Deux millions d’enfants décèdent tous les ans de diarrhées directement liées à l’eau. Et le changement climatique bouleverse les cycles naturels : au cours de la dernière décennie, 80% des grandes catastrophes naturelles, au sein desquelles les inondations occupent une position dominante, ont été causées par des phénomènes météorologiques, et notamment des pluviométries excessives.
Un manque criant de financements
monnaie-extraitL’UNICEF chiffrait récemment la mise à niveau des infrastructures d’acheminement et d’assainissement des eaux dans les pays en développement à environ 11 milliards de dollars par an, ce qui ne constitue pas une somme astronomique au regard des catastrophes humaines qu’un tel effort permettrait d’éviter. Mais comme l’ont souligné plusieurs observateurs en marge du Forum, ce type d’investissement n’est aujourd’hui pas suffisamment rentable pour attirer les capitaux privés. Le retour sur investissement serait 5 fois plus faible que dans le secteur des télécommunications, 3 fois plus qu’en matière d’électricité… tout en requérant des sommes plus importantes que dans ces deux autres domaines.
 
Impacts contrastés du changement climatique
Au cœur des débats qui se sont tenus à Stockholm, les conséquences du changement climatique sur la ressource en eau, déjà visibles au travers de ces catastrophes naturelles, seraient très variées selon les zones. Schématiquement, les pays situés au nord mais proches de l’équateur vont pour beaucoup connaître une importante diminution des précipitations, à l’inverse de la majorité des autres pays de l’hémisphère nord, pourtour méditerranéen exclu. En Afrique, des extrêmes sont à prévoir, tant en matière d’aridité que d’humidité selon les pays.

Ces éléments de constat, qu’il faudrait compléter par les coûts environnementaux et financiers des multiples pollutions qui dégradent la qualité des eaux, ont été lors du sommet mondial mis en perspective face au développement des biocarburants. Ces derniers, souvent mis en avant en matière de lutte contre le changement climatique, s’avèrent pourtant constituer une menace redoutable pour l’eau.
Les biocarburants, nouvelle menace pour l’eau ?
Biocarburants-extraitDes biocarburants produits à partir de maïs ou de canne à sucre constituent en effet une forte pression sur la ressource. Beaucoup soulignent qu’ils peuvent constituer une piste intéressante de développement pour des pays en marge du système économique mondial, ce qui est pertinent à certains égards. Mais le rythme de développement actuel du bioéthanol et du biodiesel, s’il se maintient, provoquera à l’horizon 2050 une demande en eau pour ces cultures équivalente à celle nécessitée par l’agriculture à vocation alimentaire ! Les experts réunis à Stockholm ont adressé un message clair face à cette situation : l’eau est une ressource qui va considérablement se raréfier sur la planète, et son utilisation doit avant tout permettre de la production de nourriture et non de carburants.
 
Quelles solutions de développement durable ?
Manfred Matd, de l’Institut International de l’Eau de Stockholm, a fait part de deux exemples des pistes de progrès qui ont émergé à l’issue des débats. Un « label eau » pourrait ainsi distinguer les produits les plus économes en eau. Les consommations liées à la production ou les pollutions occasionnées par l’élaboration des produits sont il est vrai aujourd’hui totalement inconnues des consommateurs. L’exemple d’une paire de jeans est donné pour illustrer cette proposition. Celle-ci nécessite en effet pas moins de 5000 litres d’eau pour être fabriquée.

La seconde piste évoquée concerne le paiement de la ressource. A l’inverse de la France, dans de nombreux pays, la consommation d’eau brute (non traitée) est en effet gratuite, favorisant les abus face à ce bien commun, qu’on parfois dans les régions les plus riches en eau tendance à considérer comme inépuisable.
[27-07-2011]
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