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Le charbon bénéficie de la hausse des prix du pétrole

charbon-extraitLa flambée des prix du pétrole favorise la recherche d’économies d’énergie comme le recours à des sources d’énergie alternatives. Une bonne nouvelle face au réchauffement climatique ? Assurément, mais en partie seulement : le charbon, moins onéreux, plus abondant, et nettement plus émetteur de gaz à effet de serre, bénéficie lui aussi de cette hausse des prix…
 
Une demande qui pourrait doubler d’ici 2030
Alors que les sources d’énergie renouvelable peinent à représenter 2% de la production mondiale d’électricité, le charbon pèse déjà 40% de cette production… et selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), la demande de ce minerai sera presque multipliée par deux d’ici 2030.

Les géants du développement que sont l’Inde et la Chine influent considérablement sur cette dynamique favorable au charbon. Ils en disposent en abondance et possèdent des besoins énergétiques colossaux, en particulier pour développer leurs industries. En 2006, l’AIE précise que la Chine aurait construit l’équivalent de pas moins de… trois centrales à charbon par semaine !
Une ressource moins coûteuse
Un kilowattheure produit à partir de charbon est en effet nettement moins coûteux que son équivalent issu du gaz ou du pétrole. En outre, dans le contexte actuel de hausse du prix du pétrole, l’indexation du cours du gaz sur celui de l’or noir incite les producteurs d’électricité à favoriser le charbon, dont le prix n’est pas lié à celui du pétrole, comme ressource alternative.

A l’échelle d’un pays, le coût de construction d’une centrale à charbon est également moins élevé que celui d’une centrale nucléaire, tout comme le temps nécessaire à la construction : 4 ans suffisent environ pour une installation à charbon, environ le double sont nécessaires à sa concurrente nucléaire.
Des réserves plus importantes

Le charbon possède également l’avantage d’être menacé à plus long terme que le pétrole ou le gaz. On estime en effet que les réserves actuelles offrent une viabilité de 165 ans au charbon, contre 60 pour le gaz et 40 pour le pétrole.

L’AIE souligne en outre que si les prix du pétrole continuent de grimper, le développement de carburants liquides issus du charbon est probable, ce type de carburant émettant pourtant 3 fois plus de gaz à effet de serre que les solutions classiques, déjà largement décriées.

Des émissions de CO2 et de SO2 pourtant très conséquentes
En effet, le charbon, en matière de production d’électricité, demeure la pire solution au regard des émissions de CO2 provoquées. Pour produire 1 kW d’électricité, l’éolien occasionne l’émission de 3 à 22g de dioxyde de carbone, le nucléaire 6g, le gaz naturel 430g et le charbon… 980g.

Rappelons enfin que la combustion du charbon provoque également l’émission de dioxyde de souffre, qui est le principal responsable des phénomènes de pluies acides sur la planète, ainsi qu’un des principaux polluants atmosphériques à l’origine du développement de nombreuses maladies respiratoires. Consommer moins de pétrole est à l’évidence aujourd’hui incontournable, mais sa substitution par du charbon représente une menace plus lourde encore.
[27-07-2011]
 

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