
Dans le cadre du plan d’actions du gouvernement Wallon contre le réchauffement climatique, plusieurs échangeurs autoroutiers vont prochainement accueillir sur une quinzaine d’hectares des panneaux photovoltaïques. Leur production électrique alimentera l’éclairage nocturne de ces infrastructures, mais pourrait également être revendue pour une réinjection sur le réseau. Une expérience pilote qui préfigure peut-être en Belgique le développement de véritables centrales photovoltaïques le long des autoroutes et des cours d’eau.
Un effort global sur l'éclairage des autoroutes
Souvent pointées du doigt en raison de leur éclairage nocturne permanent, les autoroutes wallonnes vont constituer un nouveau levier de lutte contre le réchauffement climatique en Belgique. Le plan d’action du gouvernement wallon, adopté en mars dernier, prévoyait déjà d’en finir avec l’impressionnant dispositif d’éclairage des autoroutes tout au long de la nuit, progressivement abandonné entre 0h30 et 5h30, en dehors de certaines portions jugées plus dangereuses, ainsi que les parkings et échangeurs. Au-delà de la diminution des pollutions lumineuses que cet éclairage excessif provoquait, c’est près d’un quart de la consommation électrique de ces dispositifs qui sera économisé à terme, équivalant à 7 000 tonnes de CO2, ou encore à 1,75 millions d’euros en rythme annuel.
Appel d'offres en Septembre
Nouvelle étape dans ce processus, l’installation de panneaux photovoltaïques le long des échangeurs autoroutiers de Vottem, Loncin, Grâce-Hologne et Daussoulx, fera l’objet d’appels d’offres en septembre pour attribuer des marchés publics d’installation des panneaux et d’exploitation des parcs à des entreprises privées. Cette solution est présentée comme une alternative au développement du parc éolien dans ces zones, jugé plus dangereux et contraignant. L’électricité produite à partir de l’énergie solaire permettra d’assurer la sécurité des véhicules les empruntant par l’éclairage des échangeurs concernés, mais la production envisagée devrait également être en partie réinjectée sur le réseau.
Les feux de circulation eux aussi concernés

Cette mesure du plan d’actions dédié à la lutte contre le réchauffement climatique par la Région Wallonne s’accompagne également d’un important effort concernant les feux de circulation. Les 30 000 ampoules qui fonctionnent en alternance jour et nuit sur le territoire régional seront remplacées par des modèles halogènes à la durée de vie trois fois supérieure, et qui consommeront 50% d’électricité en moins. Les nouveaux feux de circulation installés seront en outre dotés d’un système LED, représentant quant à lui une économie d’énergie d’environ 80%.
Ces mesures intéressantes, qui devraient s’accompagner d’incitations fiscales à l’achat de véhicules moins émetteurs de CO2, illustrent au passage une nouvelle fois le poids des véhicules à moteur dans les émissions de gaz à effet de serre, non seulement par leur consommation d’hydrocarbures, mais également par l’intermédiaire des infrastructures qu’ils nécessitent, et notamment l’éclairage des voies.