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MON 810, l’Allemagne rejoint le rang des réfractaires !

MON 810, l’Allemagne rejoint le rang des réfractaires !Suite à notre article du mois dernier relatant les débats qui ont eu lieu au sein de l’Union européenne, nous revenons sur ce sujet sensible car de nouveaux éléments sont apparus depuis.
 

 

En effet le 14 avril dernier, l'Allemagne, par l'intermédiaire de sa ministre de l'agriculture Ilse Aignier, a suspendu la culture de l'OGM MON 810 de Monsanto sur son territoire, rejoignant ainsi la France, le Luxembourg, la Hongrie, l'Autriche et la Grèce contre l'avis récent de la Commission européenne.

L'environnement d'abord

Elle a justifié sa décision par le risque que cet organisme génétiquement modifié faisait courir à l'environnement. En effet « de nouveaux éléments scientifiques » contenus dans deux études révélaient des incidences de la culture du MON 810 sur des organismes « non-cibles » qui n'avaient jusque là fait l'objet d'aucune recherche. Wolfgang Köhler, responsable des technologies génétiques au ministère de l'agriculture cite l'exemple des coccinelles et des papillons.

Monsanto contre-attaque

Suite à cette décision du gouvernement allemand, Brad Mitchell, porte-parole de Monsanto, a annoncé : «  Je peux confirmer que Monsanto a engagé des démarches en référé auprès du tribunal administratif de Brunswick, pour contester l'interdiction arbitraire du MON 810 en Allemagne. » Selon la multinationale américaine « la semence en question est sûre pour la santé humaine, pour les animaux et pour l'environnement. »

Pour Monsanto l'enjeu européen est d'importance, car c'est l'un des seuls marchés où il n'a pas encore réussi à s'implanter massivement. En effet le MON 810 est le seul OGM cultivé dans l'UE. Homologué en 1998 pour une durée de 10 ans, cette autorisation est en cours de réévaluation actuellement. Mais la majorité de la population européenne est plutôt négative à l'égard de ces cultures OGM.

Le rendement des OGM montré du doigt         

Simultanément au « Non » de l'Allemagne, Union of Concerned scientists (UCS), groupe d'experts indépendants américain, crée au sein du MIT (Massassuchetts Institute of Technology) publie un rapport intitulé « Failure to yield », dénonçant le faible gain de production des cultures OGM par rapport aux cultures traditionnelles. Ce rapport est basé sur 20 ans de travaux de recherches et d'études statistiques sur les productions de soja et de maïs aux États-Unis, dont 13 ans de commercialisation d'OGM. L'un des auteurs de l'étude affirme que « jusqu'ici les performances des cultures génétiquement modifiées pour accroître le rendement sont modestes et ce malgré les efforts considérables mis en œuvre ».

La contribution du maïs Bt, dont fait partir le MON 810, à l'augmentation des rendements n'a été que de 0,2 à 0,3% par an depuis sa commercialisation en 1996. Chiffre dérisoire lorsque l'on sait que la hausse des rendements, annoncée comme faramineuse par les semenciers vendant des plantes transgéniques, est leur argument principal. C'est aussi la raison qui pousse les agriculteurs à opter pour ces variétés en espérant de meilleures récoltes.

Malgré la ferveur avec laquelle José Manuel Barroso se bat pour l'implantation de cultures OGM en Europe, les États de l'Union font de la résistance et la décision de l'Allemagne d'adopter le principe de précaution ne va pas aider le président de la Commission européenne à atteindre son but. Nous en plaindrons-nous ?

[27-07-2011]
 

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