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Multiplication des chauffages extérieurs : la loi anti-tabac au banc des accusés

chaufdehors-extraitAlors que l’Etat, les professionnels comme le grand public sont de plus en plus résolument engagés dans la course aux économies d’énergie, l’entrée en vigueur de la loi « anti-tabac » pour les bars, restaurants et autres discothèques, renforce une pratique totalement contraire à cette volonté de lutte contre le changement climatique : le chauffage …extérieur. Avec l’éviction des fumeurs hors des cafés, les parasols chauffants fleurissent en effet un peu plus chaque jour sur les terrasses des bistrots français. Mise en perspective d’une absurdité.
 
Une nouvelle conséquence inattendue de la loi anti-tabac
La récente loi anti-tabac, adoptée pour des motifs bien compréhensibles de santé publique, n’en finit pas d’alimenter les débats par ses conséquences parfois inattendues : problèmes d’odeurs dans les discothèques, casse-têtes organisationnels sur les lieux de travail, mort annoncée des bars à chicha… et maintenant consommations absurdes d’énergie. Les cafetiers et autres restaurateurs, souhaitant (logiquement) conserver parmi leur clientèle les fumeurs invétérés, mais contraints de leur imposer de fumer à l’extérieur, ont pour beaucoup équipé leurs terrasses de parasols chauffants et autres dispositifs de chauffage extérieur.

La loi permet en effet d’accueillir des fumeurs sur des terrasses ouvertes en façade mais cloisonnées sur les côtés et le plafond, ou entièrement cloisonnées mais à ciel ouvert. On comprend l’intérêt pour un fumer de pouvoir consommer ses cigarettes assis à une table plutôt que debout sur le trottoir. Le problème du froid limitait cependant une telle solution. D’où le développement quasi frénétique des parasols chauffants, actuellement en rupture de stock chez bon nombre de distributeurs.

A contre-courant de toutes les politiques d’économie d’énergie
Ces chauffages extérieurs fonctionnent au gaz ou à l’électricité. Leur puissance doit leur permettre de chauffer suffisamment pour diffuser assez de chaleur pour une terrasse semi fermée d’environ 6m2 (les constructeurs recommandent aux cafetiers d’en installer deux pour 12m2 de terrasse), souvent plus de 10 000 watts pour un simple parasol.

Les installations au gaz consomment elles une bouteille de gaz en une seimple trentaine d'heures. Le contraste est saisissant avec les efforts faits actuellement pour mieux isoler les bâtiments afin de limiter les pertes thermiques, et donc les consommations d'énergie à fin de chauffage.... A Londres ou Stockholm, la distribution de plaids aux clients friands de terrasses hivernales est une pratique courante. Pourquoi ne pas s'en insipirer ?

A qui profite le crime ?

Le marché des chauffages extérieurs, dominé par les installations au gaz, est florissant depuis quelques années. D’origine professionnelle, le produit s’est multiplié chez les particuliers de manière impressionnante ces toutes dernières années, en particulier dans le Sud de la France. L’appropriation du salon de jardin comme d’une pièce comme les autres, utilisable à l’année, est en cause.

Les principaux acteurs du marché français sont Butagaz, Antargaz et Primagaz. Antargaz a triplé ses ventes en 4 ans, pour environ 10 000 ventes en 2007. Derrière le coût d’achat, de l’ordre de 100 euros pour l’usage en tête-à-tête à 1 000 euros pour le grand luxe, se cache un marché beaucoup plus profitable pour ces acteurs : la vente des recharges. Pour un particulier, cette recharge sera nécessaire deux à trois fois par an, pour un prix de 12 à 20 euros l’unité, en plus d’une caution initiale. Le tout, rappelons-le, pour chauffer…l’air extérieur. Mais comme le dit le responsable des politiques produit de Butagaz au Journal du Net, « Tout ce qui consomme du gaz, c'est bon pour nous » ! Tout est dans le « nous »…

[27-07-2011]
 

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