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Obésité : nouveau facteur responsable de l'effet de serre

baby hamburger-extraitSelon un étude anglaise publiée en mai dernier, les personnes atteintes d’obésité contribueraient de manière plus importante au changement climatique que les personnes de poids normal. Manger trop tue donc… merci, on le savait déjà !
 

Publiée par la revue The Lancet, une étude réalisée par une équipe de la London School of Hygiene and Tropical medecine pointe du doigt un nouveau fléau qui contribuerait au changement climatique : l’obésité. Sans tenir compte des indicateurs socio-économiques et des inégalités à l’origine de cette maladie, l’étude se limite au monocritère carbone pour évaluer l’impact de leur mode de vie et de consommation sur le climat.

Une population de plus en plus « grosse »

La meilleure façon de ne pas polluer est encore de ne pas consommer. Une vérité largement prouvée mais en total décalage avec notre société actuelle. Avec un leitmotiv qui prône de travailler plus, pour gagner plus pour finalement consommer plus nous sommes loin d’arriver à maîtriser nos consommations. L’obésité est le fruit de notre société et aujourd’hui nous en payons les conséquences aussi bien au niveau de notre santé que de notre climat. La société tend à grossir et ce dans les deux sens du terme.

 

Selon, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’obésité devrait toucher 700 millions personnes en 2015 contre 400 millions aujourd’hui et 2,3 milliards d’adultes seront en surpoids. 

Un obèse consomme 18% d’énergie en plus pour son alimentation

L’apport calorifique d’un obèse est un cinquième supérieur à la moyenne. Lien de cause à effet de base, pour satisfaire à cette augmentation constante de la demande, la production doivent augmenter intensifiant ainsi les pollutions liées aux activités de production agricole.

 

L’étude met en exergue la différence de la consommation énergétique entre une population d’un milliard d’individus d’obèses avec celle d’une population d’un poids normal du même nombre. Il en ressort une différence de 18% entre la première et la seconde sur la consommation d’énergie pour l’alimentation. Il est important de noter que ce chiffre ne prend en compte l’énergie supplémentaire nécessaire pour les déplacements de cette population.

 

Si on prend comme exemple la ville de Houston on comprend vite que ce chiffre est largement sous-estimée. Cette ville, qui récence le plus grand nombre d’obèses au monde (une personne sur trois) est surnommée « obèseland » car tout là-bas est fait sur-mesure pour les personnes en sur-poids. Des autoroutes à pertes de vue, des portions gigantesques, des services (pharmacie et banques) et des restaurants construits de telles manières que les habitants n’ont plus besoin de sortir de leur véhicule pour faire leurs achats, absence de transport en commun, … Bref, l’horreur pour tout écologique ou sensible aux enjeux environnementaux qui se respectent. 

Le jeu du : à qui la faute ?

Mais cet exemple n’a pas pour but de lancer la pierre aux obèses eux-mêmes. Il s’agit davantage de soulever le constat que l’obésité est avant tout un problème d’urbanisation mal contrôlée et de politiques sociales inadéquates. Une ville a la responsabilité de mettre en œuvre une politique de transports durable, d’encourager l’éco mobilité avec une utilisation plus systématique du vélo ou des transports en commun. Mais attention, il ne s’agit pas de créer une ville de sportifs car là encore, nous risquons de relancer la consommation alimentaire car il est bien connu que l’on mange plus quand on fait du sport !

 

Trouver le juste milieu semble difficile et il est facile de tomber dans des raccourcis caricaturaux : certes, les obèses mangent plus mais ils sont souvent issus de milieux à revenus faibles, donc ils ne voyagent pas contrairement aux anorexiques au portefeuille surgonflé qui ont plaisir à aller en thalassothérapie aux quatre coins du monde plusieurs fois par an.  

 

Donc finalement, à qui la faute ? Certains vous citerons quelques marques de grands surfaces qui encouragent la surconsommation à coût d’offres spéciales et de bons de réduction, d’autres accuseront leurs voisins qui se permettent de manger tous les jours du bœuf, et certaines iront jusqu’à culpabiliser leur mari d’être des hommes et de manger plus, etc. Mais est-ce vraiment là que le débat doit se situer. À force de reporter la responsabilité sur nos voisins nous oublions que nous sommes nous mêmes bien au-delà de nos crédits carbone et pourtant avons la sensation de manger « raisonnablement ». En France, les émissions par habitant sont d’environ 2,5 kg de CO2 et nous devrions être à 0,500 kg. Comment dire… no comment !

 

[09-07-2010]
 

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