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Récession économique ou récession écologique planétaire ?

FOOTPRINT-extraitLe rapport "Planète Vivante 2008" de l’ONG WWF qui vient d’être publié (octobre 2008) nous indique que nos besoins consuméristes nombreux et en constante évolution amenuisent, plus que de raison, notre capital naturel. Quelles sont les voies à suivre ?
 
Un déficit de développement durable mondial inéluctable ?

La crise économique que nous vivons actuellement nous démontre que notre modèle capitaliste tend à s'épuiser et nous donne l'opportunité aujourd'hui d'éviter la récession écologique que nous intensifions de jour en jour ! Ce rapport, plus que percutant, soulève la problématique alarmante, que « plus des ¾ de la population vit dans des pays qui sont débiteurs écologiques » dépendants de ressources naturelles d'autres pays. Ce rapport, n'est pas seulement un énième « inventaire catastrophe » mais démontre, dénonce et surtout propose des « trajectoires plus durables ».

Existe-t-il un crédit particulier pour pallier notre pression humaine exercée sur la nature?

La première partie du rapport illustre les « faits » en utilisant les indices ; IPV (Indice Planète Vivante) de la biodiversité globale[1] qui démontre une diminution de 30% des espèces de vertébrés au cours des 35 dernières années, et les chiffres de l'Empreinte Ecologique de l'Humanité [2] qui  dépassent aujourd'hui de 30% la capacité de régénération planétaire. Si rien n'est fait « nous aurions besoin de 2 planètes » en 2030, ce n'est plus de la science fiction, mais la dure réalité ! La tendance peut-être encore inversée, si l'humanité se donne les moyens de prendre conscience de ses limites naturelles, économiques et sociétales.

Notre « bio-incapacité[3] » soulève tant de questions sanitaires, sociales, éthiques mais aussi politiques, avec une dépendance plus que croissante des pays débiteurs sur d'autres pays créditeurs. Une nouvelle forme de concurrence planétaire est-elle en train d'émerger ?

Quels sont les leviers de durabilité possible pour inverser la tendance? (partie 2)

En complément des différentes mesures scientifiques que vous trouverez dans cet exposé (tout au long du document et partie 3), ce rapport rappelle les projections du GIEC[4], avec l'augmentation doublée en 2050 de nos émissions annuelles de carbone, et le passage à 9 milliards d'individus (estimations des N.U) diminuant la biocapacité de chaque pays.

Changer donc notre surexploitation actuelle des ressources, demande impérativement de combler l'écart entre l'empreinte écologique de l'humanité et sa biocapacité. Nous pouvons agir autours de leviers, comme notre consommation, notre mobilité (déplacements doux), nos logements, continuer d'investir dans les innovations technologiques améliorant l'efficacité productrice, accroître notre efficience énergétique, augmenter l'offre en énergies renouvelables et « piéger plus le carbone » (modèle « Vision énergétique du WWF pour 2050 »). Chacune de ces pistes d'amélioration pouvant par « effet dominos » interagir et décupler l'effet escompté : notre survie !

« Nous sommes peut-être victimes de nos instincts de survie, affinés au fil des âges pour nous aider à nier, braver ou ignorer les présages de catastrophes, de peur qu'ils ne nous paralysent d'effroi[5] »...

[1] Mesures sur la santé globale de la nature

[2] Mesures sur la pression de l'homme sur la nature

[3] La biocapacité est la possibilité d'un pays à faire face à sa demande en ressources renouvelables et à absorber les déchets découlant de sa consommation.

[4] GIEC : Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

[5] WEISMAN Alan, « l'Homo Disparitus », éd j'ai lu, 2008.

Novembre 2008

[17-06-2009]
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