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Emirats Arabes Unis : des « îles solaires » devraient voir le jour

Ile solaire-extraitLa consommation d’espace est l’une des contraintes inhérentes au développement de parcs de production d’électricité à partir de l’énergie solaire, en particulier dans les pays les plus exigus. Le Centre Suisse d'Electronique et de Microtechnique de Neuchâtel (CSEM), en association avec le gouvernement de Ras Al Khaimah, l’un des sept états des Emirats arabes unis, a décidé de contourner le problème en initiant un projet « d’île solaire ».
 
Une centrale thermique flottante

Une centrale thermique flottante. Tel est le concept sur lequel repose le projet du CSEM. Le principe est séduisant : des concentrateurs utilisent l’énergie solaire pour chauffer de l’eau de mer, qui actionne des turbines, faisant fonctionner des générateurs. Deux types de production sont possibles pour ces îles solaires, qui n’utilisent donc pas de panneaux photovoltaïques : électricité et hydrogène. Afin d’éviter des câblages entre la structure, circulaire, et le continent, la production d’hydrogène est privilégiée, son stockage puis sa récupération par bateau s’avérant parfaitement réalisable. Flottant, l’ensemble ne nécessiterait pas non plus de piliers d’arrimage, et serait ainsi susceptible de s’orienter en fonction de la course du soleil, voire d’éviter les tempêtes. Sa mise en place serait également facilitée par son caractère flottant.

Un prototype terrestre avant 2009
Un prototype est en développement, mais il sera destiné à un fonctionnement terrestre : la structure reposera bien sur de l’eau, mais sur celle d’un canal, afin selon le CESM de « faciliter la mise en évidence de la faisabilité du projet ». Cette première « île », circulaire, aura un diamètre de 100 mètres, et sera uniquement équipée de panneaux thermo-solaires. La production d’énergie correspondante représentera 2,2 gigawatt-heures par an, avec une performance maximale de 1MW et une performance moyenne de 250 kW. Le fonctionnement du prototype est prévu pour la fin de l’année 2008. Afin de permettre le développement du projet, le gouvernement de Ras Al Khaimah a dégagé un financement de 5 millions d’euros, ce qui peut sembler raisonnable au regard du potentiel envisagé.
Des développements possibles près de l’équateur

A terme, les « îles » pourraient atteindre un diamètre de 1000 mètres. Leur capacité de résistance aux intempéries marines demeure l’un des enjeux fondamentaux. De même, leur implantation géographique n’est prévue que dans des zones où l’ensoleillement atteint des records : environ 350 jours par an, caractéristique conforme aux chiffres constatés dans les régions proches de l’équateur. Les Emirats Arabes Unis représentent à ce titre l’une des principales cibles géographiques possibles. Aucune chance donc, dans les conditions technologiques actuelles, de voir ces structures se développer dans nos régions.

Un bilan environnemental difficile à évaluer

Comment envisager l’intérêt environnemental de ce projet ? Certes, l’énergie ainsi obtenue ne serait produite qu’à partir de sources renouvelables, et limiterait la consommation d’espaces terrestres à de telles fins. Mais dans le cas d’un développement important, quelles en seraient les conséquences pour la faune et la flore marines ? La navigabilité des zones concernées pour les transports maritimes, la sécurité des îles et de leurs réservoirs thermiques, les transports occasionnés par la récupération d’hydrogène voire l’entretien de ces « fermes flottantes », la durée de vie des installations… posent également des questions majeures. Aux Emirats Arabes Unis, la consommation d’électricité par habitant (11 500 KWh) est presque équivalente à celle des Etats-Unis. Le premier des investissements ne devrait-il pas concerner la maîtrise de cette consommation ?

[27-07-2011]
 

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