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Focus sur le covoiturage

covoiturage-extraitOn le sait, c’est probablement en matière de transports que les marges de progrès sont les plus importantes en France pour minimiser nos émissions de GES. Au premier rang des accusés : la sur-utilisation de la voiture individuelle. Les solutions alternatives se multiplient pourtant, et progressent constamment. electricite-verte.com vous propose ici un rapide aperçu d’une des possibilités aujourd’hui accessibles au plus grand nombre : le covoiturage.
 
Le covoiturage n’est pas la solution ultime d'un point de vue environnemental

Le covoiturage peut être considéré comme un pis-aller : il n’est en définitive qu’une manière différente d’utiliser le transport automobile, et n’est pas aussi efficace en matière d’économie des ressources naturelles et de lutte contre le changement climatique que le recours aux transports en commun (hors transports aériens), et bien évidemment que la marche à pieds ou le recours au vélo. Proposer à des passagers, de manière régulière ou ponctuelle, de partager son véhicule lors d’un trajet, ou rechercher des conducteurs afin de bénéficier de leur voiture, ne devrait dans l’absolu être privilégié qu’en l’absence de solutions de transports en commun pour le trajet donné.

... mais il diffère du covoiturage

Le covoiturage a en effet pu susciter des réticences car il a longtemps été assimilé à l’auto-stop, dont la pratique s’est nettement restreinte ces dernières années, notamment en raison des craintes pour la sécurité des utilisateurs. Dépendre d’un conducteur qu’on ne connaît pas, et dont on ne peut que présumer la rigueur au volant, ne va pas nécessairement de soi, tout comme accueillir un « étranger » dans son véhicule personnel. Mais le covoiturage, ce n'est pas de l'auto-stop. Plus sécurisé, moins aléatoire, mieux sécurisé... Certes, il existe des contraintes, par exemple dans le cadre d’un covoiturage régulier (trajet domicile-travail), la dépendance mutuelle est réelle, le conducteur et peut-être plus encore le passager devant parier sur la ponctualité du « covoitureur ». Mais ces contraintes diffèrent des risques liés à l'auto-stop. En outre, les progrès récents proposés par les acteurs spécialisés lui offrent de belles perspectives de développement.

… et ses nombreux intérêts lui garantissent un succès croissant
En effet, malgré ses limites indéniables, d’un point de vue logistique, sécuritaire ou environnemental, le covoiturage est une pratique qui se développe considérablement en France. La page d’accueil d’un des principaux opérateurs nationaux sur internet, covoiturage.fr (voir ci-dessous), affiche sur sa page d’accueil pas moins de 20 000 trajets disponibles sur une semaine. Lors des récentes grèves dans le secteur des transports, qui ont à l’évidence offert une visibilité supplémentaire aux sites de covoiturage, près de 65 000 visiteurs ont ainsi visité quotidiennement covoiturage.fr. On perçoit bien à ce titre le positionnement du covoiturage comme une alternative aux transports en commun.
Une solution avantageuse d’un point de vue économique

La permanence du service est donc un des atouts du covoiturage. Son intérêt économique est également réel pour les utilisateurs. Alors que la mise en relation avec passagers ou conducteurs potentiels est gratuite, le partage des frais représente probablement la première des motivations pour les utilisateurs. Dans le cadre de trajets ponctuels, souvent effectués sur de plus longues distances que dans ce lui des covoiturages quotidiens (domicile – travail ou école), cette motivation économique est particulièrement importante, qui peut faire de la voiture une solution moins coûteuse que le train.

Selon les dispositifs de covoiturage et selon les conducteurs, les partages de frais peuvent différer, mais le principe est évident : plus les passagers sont nombreux, moins le trajet est coûteux. L’augmentation des prix des carburants renforce encore le positionnement du covoiturage comme un service économique, en comparaison du moins avec le recours individuel à la voiture. A noter : les déplacements effectués dans le cadre d’un covoiturage sont également éligibles d’un point de vue fiscal aux dispositifs de prise en charge professionnels (indemnités kilométriques), le conducteur pouvant inclure 100% des frais et le passager 75%.

Convivialité et minimisation de l’impact de la voiture sur l’environnement

La convivialité est un autre avantage mis en avant par les adeptes du covoiturage, tout particulièrement dans le cadre de partages réguliers. Face au sentiment de solitude et d’anonymat que génèrent parfois l’utilisation des transports en commun, cette valeur ajoutée est en phase avec les attentes sociales actuelles.

D’un point de vue environnemental, si le covoiturage ne peut donc être considéré comme la panacée, il permet toutefois de minimiser l’impact environnemental de l’automobile en comparaison avec son utilisation individuelle. Trois voitures uniquement occupées par un conducteur émettent environ trois fois plus de gaz à effet de serre qu’une voiture occupée par trois personnes, minimisant la pollution atmosphérique (affirmation à nuancer puisqu’une voiture plus chargée consomme un peu plus). Une généralisation du covoiturage permettrait en outre d’alléger le trafic routier, en particulier à l’approche des centres urbains. Moins de véhicules, c’est également moins de nuisances sonores, une consommation d’espace réduite  pour le stationnement…

Les progrès actuels

C’est en grande partie grâce à la diffusion des TIC, et principalement d’internet, que le covoiturage a récemment fait des progrès considérables. Plusieurs types d’outils y coexistent. Des interfaces publiques, d’accès gratuit, permettent ainsi d’annoncer ses offres de transport conducteur) comme ses recherches (passager), et de consulter les demandes et propositions correspondantes.

Si ces plateformes publiques reposent plus ou moins sur un principe identique de mise en relation, les interfaces proposent des fonctionnalités différentes selon l’opérateur : alertes par courrier électronique lorsqu’une réponse est obtenue, flux RSS permettant de visualiser les dernières demandes ou les dernières offres, carte géographique interactive, forums d’échanges entre utilisateurs, outils d’évaluation des passagers comme des conducteurs, possibilité d’être identifié comme un conducteur « certifié », et même accessibilité de l’interface sur téléphone mobile (covoiturage.fr).

Si d’un point de vue technologique les progrès sont indéniables mais récents, c’est l’aspect matériel du service de covoiturage qui semble devoir progresser le plus nettement. Un récent partenariat entre covoiturage.fr et le gestionnaire de parkings Epolia, basé sur une reprise sur le site de ce dernier des annonces de covoiturage.fr, et la mise en place au sein des parkings Epolia de points de rendez-vous des covoiturés, en est une bonne illustration.

La question du modèle économique des opérateurs

Si le succès des plateformes publiques de covoiturage, du moins des principales, peut se mesurer à la fréquentation des sites internet qui y donnent accès, le véritable enjeu économique du covoiturage se situe au niveau du développement de solutions communautaires de covoiturage. A l’image de roulezmalin.com et de covoiturage.fr, les prestataires, pour lesquels un financement publicitaire ne saurait suffire, développent des solutions « privées » de covoiturage, qui constitue en définitive leur cœur de métier.

A l’échelle d’une entreprise, d’une zone d’activités, d’une ville, d’un département, l’instauration d’une solution privée de covoiturage permet tout d’abord de cibler les offres et les demandes de manière plus précise que par l’intermédiaire d’une solution grand public. Elle peut également rassurer les utilisateurs sur la sécurité de la démarche, notamment si les utilisateurs de la plateforme sont identifiés et tous membres du même réseau.

Ce type d’outil, dont la mise en place est favorisée par l’engagement d’un agenda 21 local ou plus simplement d’un plan de déplacement collectif (PDA pour les administrations, PDE pour les entreprises), peut en outre être mis en avant et valorisé par la collectivité qui l’organise. Le département du Finistère est un pionnier en la matière. Ayant eu recours aux services de roulezmalin.fr, le Conseil Général 29 a mis en place dès septembre 2005 sa plateforme départementale covoiturage-finistere.fr. Les départements des Alpes-Maritimes (covoiturage-cg06.fr), du Maine-et-Loire (covoiturage49.fr), des Côtes d’Armor (ticoto.fr) ont ensuite développé leur propre plateforme grâce à roulezmalin.fr. Une plateforme commune (roulezmalin.com) permet d’accéder simultanément à toutes les annonces présentes sur les différentes plateformes.

Frédéric Mazzella, fondateur de covoiturage.fr, situe bien l’intérêt pour le covoiturage de ce type de développements communautaires :
«  Le premier obstacle au développement du covoiturage, c'est la confiance. Les gens ont du mal à monter dans la voiture de quelqu'un qu'ils ne connaissent pas du tout. La solution, du moins celle que nous allons développons, c'est le covoiturage ciblé sur une communauté. Cela revient à regrouper les offres et les demandes au sein d'une entreprise, d'une collectivité, d'une grande école... Les gens ont ainsi plus confiance, et cela ne les empêche pas d'avoir des échanges riches. » (L’Auto-Journal, avril 2007).

[27-07-2011]
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