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Luna Gaïa : un habitat "écologique" sur la Lune ?

lunagaia-extraitLa Lune peut-elle bénéficier des leçons actuellement tirées de notre mauvaise gestion de la planète Terre ? Telle est en tout cas l’ambition du groupe de scientifiques à l’origine du projet de base lunaire Luna Gaïa, qui tente de concilier implantations humaines sur notre satellite et écologie. Autonomie de la base et minimisation des rejets sont les principales lignes de force du projet.
 
Une étape vers Mars

Conformément à la stratégie présentée par George Walker Bush tout début 2004, la NASA a relancé ces dernières années l’exploration du système solaire. Prochain objectif : poser le pied sur Mars. Pour ce faire, des retours ponctuels sur la Lune sont prévus entre 2015 et 2020, avant d’installer sur notre satellite une implantation plus pérenne qui y permettrait des séjours de longue durée, destinés à préparer la conquête de la « planète rouge », Mars.

C’est dans ce contexte qu’un groupe international de scientifiques relance le projet Luna Gaïa. Cette base lunaire est destinée à accueillir une douzaine de personnes dans une autonomie quasi complète (90 à 95%). Les besoins énergétiques et alimentaires seraient notamment couverts par une production locale. Certaines des innovations proposées pourraient être retenues par la NASA.

Besoins énergétiques : le recours au soleil
Pour une installation humaine sur la Lune, le soleil représente à la fois une contrainte et une formidable opportunité énergétique. Contrainte, car l’intensité des rayonnements requiert une protection des organismes. C’est pourquoi la base Luna Gaïa serait installée au sein même d’un cratère lunaire, dont le diamètre idéal serait d’environ un kilomètre. Les bords du cratère permettraient en effet de disposer d’une ombre suffisante pour que les astronautes supportent à long terme les rayons du soleil sur la Lune.

Ces derniers seraient réfléchis depuis les bords du cratère qu’ils éclairent presque en permanence par une douzaine de miroirs de trente mètres de diamètre vers d’autres miroirs. Ces derniers joueront un rôle de concentrateur et dirigés vers un réseau d’eau circulante. L’eau, ainsi chauffée, se transformera en vapeur, qui permettra de faire tourner une turbine et de produire l’électricité suffisante au fonctionnement de la base.
Oxygène, eau potable : une production locale

La base Luna Gaïa est une structure modulaire dont les « cellules », différents espaces clos de la taille d’un studio, sont reliés entre eux. Certains modules seront privés, d’autres communs à tous, d’autres encore permettant la production de nourriture, d’eau et d’oxygène. Composés d’un matériau souple plus pérenne que le kevlar, le Vectran, les modules seront gonflables, afin notamment de faciliter leur acheminement sur la Lune.

L’oxygène sera produit à partir d’un recyclage de gaz carbonique par des algues et d’autres végétaux. Plus surprenant, l’eau sera issue du recyclage de l’urine des occupants de la base. Alors que des contaminants seront éliminés par le biais d’un filtre d’échange ionique, les urines seront ensuite absorbées par des algues. Celles-ci rejetteront de la vapeur susceptible d’être ensuite condensée, et de nouveau liquéfiée. Alors qu’une épuration sera encore nécessaire pour disposer d’eau parfaitement potable, les eaux de lavage en seront dispensées.

Alimentation : élevages de poissons et cultures hydroponiques
Les protéines nécessaires à l’implantation humaine de longue durée seront fournies par des poissons élevés sur place en aquarium, en l’occurrence des tilapias. Du blé, des pommes de terre et des épinards seront pour leur part cultivés hors-sol, grâce aux techniques hydroponiques. La gastronomie locale pourra enfin s’appuyer sur la consommation des algues utilisées pour purifier les eaux. Poissons, algues, céréales et légumes bénéficieront d’engrais issus de l’ensemble des déchets organiques produits au sein de Luna Gaïa, préalablement décomposés par des bactéries.

En définitive, le projet de base, dont l’autonomie n’est cependant « que » de 90 à 95%, limitera tout de même drastiquement le nombre de voyages nécessaire à l’entretien et l’alimentation de Luna Gaïa, permettant par là-même d’accroître la durée des séjours sur la Lune, mais aussi de diminuer l’impact environnemental d’une telle implantation.
[27-07-2011]
 

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