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Vers la fin de l’ampoule à incandescence ?

Ampoule-extraitDéveloppée et démocratisée par Thomas Edison à la fin du XIXe siècle, l’ampoule à filament de tungstène incandescent est en perte de vitesse depuis plusieurs années face aux ampoules économes en énergie, notamment les ampoules fluocompactes, qui consomment environ 75% d’électricité en moins. L'Australie et la Californie ont décidé de dire adieu aux modèles à tungstène... Au tour de l'Europe ?
 
Australie, Californie : les précurseurs
En effet, les ampoules à incandescence utilisent seulement 5% de l’énergie qu’elles consomment pour produire de la lumière (95% de l’énergie est transformée en chaleur). C’est pourquoi, anticipant les changements d’attitudes de consommateurs parfois réticents à payer un surcoût à l’achat pour des ampoules économes, des dirigeants politiques ont annoncé une mesure spectaculaire quoique assez consensuelle.

Mi-février, l’Australie a annoncé qu’elle se préparait à interdire ces « vieilles » ampoules d’ici à 2010, pour les faire complètement disparaître à l’horizon 2015. Début mars, la Californie lui a emboîté le pas, et planifie une interdiction pour 2012, sous l’impulsion du député démocrate Lloyd Levine et du gouverneur républicain Arnold Schwarzenegger.
A quand l'Europe ?
Les jours de l’ampoule à incandescence semblent donc comptés, et nul doute que ces initiatives devraient faire des émules : cette mesure, assez consensuelle, devrait permettre des économies d’énergie substantielles. Cependant, ce phénomène était relativement prévisible : bien que les ampoules économes ne soient pas nécessairement devenues une évidence, elles occupent une bonne place sur le marché de l’éclairage.

Ainsi, la Fédération européenne des fabricants d’ampoules (notamment Philips, General Electric…) a annoncé qu’elle travaillait elle aussi sur cette échéance du déclin du filament, mais sans fixer de date potentielle, ni parler de disparition totale. Certains fabricants travaillent ainsi à de nouveaux modèles d’ampoules à filament moins énergivores que ceux existants.

En Amérique du Nord, la tendance est aussi à un rapide et massif déclin du filament au profit du fluocompact. Les provinces canadiennes de l’Ontario (Toronto) et de la Nouvelle Angleterre (Vancouver), soit les deux plus grosses villes du pays, devraient suivre cette vague d’interdiction du filament. Le Royaume-Uni aussi pourrait connaître ce genre de mesure selon Gordon Brown, possible successeur de Tony Blair.
Un impact conséquent
Ce développement de l’ampoule fluocompacte devrait permettre d’améliorer la qualité de la lumière fournie par ces ampoules (jugée trop froide aujourd’hui). Leur prix, entre 5 et 6 euros contre 50 cents pour le filament, devrait lui aussi diminuer ; il est de toute façon compensé par les économies d’énergie dès la première année d’utilisation.

Pour donner un exemple d’impact potentiel de cette mesure, le remplacement total des ampoules à filament par des fluocompactes en Californie aurait le même effet en termes d’émissions de gaz à effet de serre que de retirer 400 000 voitures de la circulation. Notons toutefois que l’impact serait bien moindre en France en termes d’effet de serre, puisque l’essentiel de l’électricité est d’origine nucléaire.

En tout état de cause, on ne peut que se réjouir de telles mesures, surtout quand elles sont prises en Australie et aux Etats-Unis, deux des détracteurs les plus virulents du Protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
[04-07-2010]
 

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