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Le Plan d'Action Développement Durable (PADD) est l'ensemble formalisé des actions que l'entreprise met en oeuvre pour remplir les objectifs qu'elle s'est fixés dans sa stratégie de Développement Durable.Il intègre d'une part les aspects fonctionnels et politiques d'une organisation et d'autre part toutes les innovations qu'elle peut mettre en oeuvre sur sa chaîne de valeur (production, achats, transport, marketing, ventes, communication, maîtrise des excédents organisationnels, ...).
On comprend donc le PADD comme étant un ensemble d'actions sur le comportement de l'entreprise elle-même et une source d'innovation dans les produits et services qu'elle propose. Le PADD s'accompagne d'outils de reporting, de pilotage et de suivi dans une démarche d'amélioration continue.
Si l'on définit des procédures, il ne faut pas oublier que le PADD est un outil dynamique qui pousse les organisations à se remettre en question et à faire preuve d'innovation. L'organisation se soumet aux réglementations mais elle a toute latitude pour amorcer une démarche innovante.
La mise en place d'un PADD et la réalisation de ses actions s'inscrit dans le temps. Il n'est pas demandé à l'entreprise de réaliser immédiatement toutes ses actions mais de faire état de sa volonté d'agir en se fixant des objectifs qu'elle tentera d'atteindre par l'adaptation progressive de son organisation et la mise en vis-à-vis d'actions ciblées.
On reproche trop souvent aux « rapports développement durable » de faire état d'une situation parfaite au niveau de l'entreprise. On privilégiera ainsi un discours volontariste, présentant une réelle vision d'avenir avec des objectifs concrets, à une autosatisfaction basée sur une analyse de court terme.
En matière d'environnement, le PADD peut impulser une nouvelle approche quant à sa politique d'achat, de gestion des déchets, d'organisation des moyens de transport, de mode de consommation de l'énergie ou encore de consommables, de choix de production, etc. Ces actions visent à mieux organiser sa structure, maîtriser les externalités de son activité, respecter son environnement (et l'environnement), diminuer les sources de pollution, anticiper et réduire ses risques et in fine agir sur ses coûts.
Ces actions sont personnalisables à chaque division d'une même entreprise. La réussite d'une politique de Développement Durable tient de ce fait à l'originalité et aux innovations mises en oeuvre au sein de l'organisme.
Dans le cadre de l'ouverture des marchés du gaz et de l'électricité à la concurrence et dans un contexte où l'accent est mis sur le pilier environnemental du développement durable (nouvelles réglementations, pollution, recyclage, efficacité énergétique, etc.), on comprend que l'énergie occupe une place centrale. D'une part parce que le libre choix du fournisseur peut générer une baisse de coût pour l'entreprise et d'autre part parce qu'elle peut trouver des actions à mettre en oeuvre en faisant appel aux énergies renouvelables ou à l'électricité verte. L'achat d'énergie est un geste « quotidien » pour l'entreprise, ainsi avant de mettre en place des actions complètement nouvelles, elle peut agir sur l'existant.
Les réflexions à prioriser peuvent concerner :
Les consommations d'énergie -> comment réduire ses consommations (optimisation des systèmes de production, sensibilisation des salariés, équipements à faible consommation énergétique, ...) ;
Les achats d'énergie -> acheter de l'électricité verte ou faire appel directement aux énergies renouvelables ;
La sensibilisation et l'information des parties prenantes.
Une équation parfois difficile reste à résoudre pour l'entreprise : trouver l'équilibre entre l'investissement mis en oeuvre dans le cadre d'une politique de Développement Durable et le retour économique, social et environnemental qu'elle lui procure.
La réduction des coûts d'achat, la valorisation auprès des parties prenantes du PADD, la prévention des risques sociaux et environnementaux, le respect des réglementations, la réduction des consommations sont autant de leviers aussi intéressants pour l'entreprise que pour son environnement.
Il faut cependant reconnaître que selon la taille de l'entreprise et ses activités, le coût d'un tel plan d'action ou sa faisabilité sont plus ou moins difficiles à appréhender. Il appartient donc à l'entreprise de s'informer sur tous les leviers dont elle dispose et de procéder méthodiquement.
Pour une petite structure, le processus d'achat est simplifié, alors qu'il est beaucoup plus complexe pour les grandes entreprises qui sont par ailleurs soumises à des contraintes de compétitivité.
Pour les entreprises énergétivores et pour lesquelles l'achat d'énergie représente un poste budgétaire important, le processus sera plus long. Elles doivent d'un côté limiter leur exposition au risque de variation des prix (les grands consommateurs ont généralement des contrats indexés sur les prix de marché) et d'autre part satisfaire aux nouvelles réglementations environnementales (permis d'émission de CO², etc.). Si l'on ajoute à cela les taxes (type CSPE) qui participent déjà au financement des ENR, on comprend que certains industriels soient réticents à investir dans des achats d'électricité verte. Cependant, les opportunités existantes relatives aux énergies renouvelables (obligation d'achat, crédit d'impôt, aides, etc.) doivent permettre à l'entreprise d'investir dans ce secteur.
Concernant les petites entreprises il est intéressant de souligner que de nombreuses options se présentent à elles. Nous encourageons les petites sociétés réunies sur un même site (pépinières, zones industrielles ou artisanales, plateformes, ...) à réfléchir ensemble pour coordonner leurs actions et ainsi agir simultanément sur leur organisation et sur leur environnement territorial.
Déterminer les priorités d'action
En fonction des attentes, des besoins, des opportunités décelées lors des pré-diagnostic, diagnostic et échanges avec les parties prenantes, certaines priorités d'actions.
Elaborer des scénarios, plans d'action possibles
Chaque priorité se traduit ensuite par l'élaboration d'actions leur répondant. Afin de déterminer la combinaison optimale, toutes les actions possibles doivent être évaluées en termes d'efficacité par rapport aux objectifs fixés, de faisabilité technique, humaine, financière... Des scénarios peuvent être élaborés pour poser ces actions dans le temps, offrant aux décideurs des alternatives possibles.
En matière énergétique, on peut ainsi prévoir de donner une priorité à la maîtrise des consommations dans un premier temps, avant d'investir dans des installations de production non polluantes, alors qu'on envisagera en parallèle l'intérêt de mutualiser ses achats ou de les orienter en faveur par exemple de l'électricité verte.
Déterminer des actions et les indicateurs qui permettent de les évaluer
Le choix des actions finalement constitutives du PADD se fait donc sur la base d'une liste d'initiatives possibles élaborées à partir des priorités retenues. Pour chacune d'entre elles, des indicateurs sont définis, afin de mesurer leur efficacité dans une perspective d'amélioration continue.
Si le nombre d'indicateurs ne doit pas être excessif et peser sur la mise en oeuvre des actions, il doit cependant permettre une lisibilité réelle des progrès effectués.
Réaliser les actions
La mise en oeuvre du PADD s'effectue en parallèle d'une évaluation permanente et dans le respect des principes de transparence, de recherche d'une amélioration continue, en synergie avec les acteurs du territoire par la participation de toutes les parties prenantes.
En matière d'énergie, voici une liste non exhaustive des domaines d'action susceptibles d'intégrer un PADD :
Sensibilisation : sensibilisation des salariés pour maîtriser la demande interne et relayer les actions du PADD, sensibilisation externe aux enjeux énergétiques du développement durable (maîtrise des consommations, achats responsables, ...) par la mise en place de critères environnementaux dans les appels d'offre ou les contrats de l'entreprise, etc. ;
Formation : formation des salariés et des responsables d'unité ;
Structures : mise en place d'un système de management environnemental, mise en place de comités locaux de développement durable, ... ;
Bâtiment : constructions et rénovations Haute Qualité Environnementale ;
Achats : analyse systématique en coût global (valeur d'achat + estimation des consommations d'énergie engendrées + coût environnemental) ;
Transports : rénovation du parc de véhicules vers des solutions électriques et / ou biocarburants, plan de déplacement d'entreprise, etc.
Déchets : traitement et valorisation ;
Gouvernance : inciter à la mise en réseau des salariés avec les personnes en charge de la conduite du PADD, participer à des réseaux ad hoc extérieurs à l'entreprise, etc. ;
Echanges internationaux : mise en oeuvre de projets dédiés à la maîtrise de la demande d'énergie ou au développement des énergies renouvelables dans le cadre de la coopération décentralisée ou des actions menées par les fondations d'entreprise.
La mise en place d'un PADD peut se révéler plus ou moins complexe comme plus ou moins longue. Il est donc important de définir une méthodologie de travail dès le début et de ne pas se faire peur devant l'ampleur d'un tel projet. Un PADD est un projet de vie pour l'entreprise qui se fond dans son organisation et dans ses activités. Il accompagne l'entreprise, ses salariés, ses managers et ses parties prenantes dans le temps.
Décider de mettre en place un PADD n'implique en aucun cas de démarrer toutes les actions en même temps. Pour cela l'entreprise veillera à bien définir des objectifs et à prioriser leur réalisation.
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