
Dans les années 1970, l’activité électronucléaire a connu un bond prodigieux en France, alors que les premières centrales destinées à l’armement stratégique tombaient progressivement en désuétude. A partir de 1974, le « plan Messmer » prévoyant la construction de trois réacteurs par an sur cinq ans entre en vigueur. Dans le contexte du choc pétrolier, le nucléaire est présenté comme une source d’électricité nouvelle, peu chère, garantissant la sécurité énergétique de la France.
La production d'uranium, une activité commerciale
A l’heure actuelle, la production d’uranium dans le monde est très concentrée. Ainsi, le Canada à lui seul produit un tiers de l’uranium mondial. Les réserves prouvées et exploitables se trouvent dans l’ordre en Australie, en Afrique du Sud et au Canada. Ces trois pays représentent un tiers de ces 2516 milliers de tonnes de réserves, alors que la France en dispose d’à peine 0,5%.
Si la France a pu produire certaines quantités du précieux minerai qui produit la majorité de notre électricité, les mines françaises d’uranium sont aujourd’hui toutes fermées faute de rentabilité. La dernière, à Jouac dans la Haute-Vienne, a ainsi été fermée par la Cogema en 2001. Depuis, la France importe l’intégralité de l’uranium nécessaire au fonctionnement des 58 réacteurs nucléaires de l’Hexagone.
Ils représentent une puissance de 63 GW, qui produit 431 TWh, soit 78% de notre production électrique : il s’agit de la seconde production nucléaire au monde, derrière les Etats-Unis. La France importe son uranium principalement du Canada, d’Australie, et du Niger, pour des besoins estimables à environ 12 000 tonnes par an (une centrale consommant environ 200 tonnes de combustible par an).
Menaces sur la production d'uranium
L’uranium présente moins de risque en termes d’approvisionnement que le pétrole notamment puisqu’il n’existe pas de cartel semblable à l’OPEP, et donc peu de chances qu’une restriction massive et soudaine de la production se produise, comme cela avait été le cas en 1973.
Cependant, depuis que les Etats font la chasse aux gaz à effet de serre, le nucléaire redémarre de plein pied, malgré les risques inhérents et les oppositions toujours fortes. Ainsi, au niveau mondial, 28 réacteurs sont en construction, 64 planifiés, et quelque 158 projets sont en cours. L'Inde et la Chine arrivent en tête des nouveaux projets de construction avec respectivement sept et cinq nouvelles centrales.
De fait, un déséquilibre commence à se faire sentir entre l’offre mondiale et la demande mondiale, qui sont très loin de s’équilibrer. A cause des oppositions au nucléaire depuis les années 1970, la production d’uranium est au moins aussi contrainte que l’utilisation électronucléaire du minerai. Ainsi, pour cette année, on estime que la consommation devrait atteindre les 80 000 tonnes, alors que les prévisions de production tablent sur 46 720 tonnes.