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Effet de serre et changement climatique

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"Le coût de la pollution en Chine", parution du rapport de la Banque Mondiale

Chine-extraitLorsque les institutions internationales évoquent la situation économique et sociale chinoise, il s’agit le plus souvent de croissance économique, de développement et d’émergence d’une grande puissance industrielle et commerciale. La Banque Mondiale vient de sortir un rapport détaillé sur le poids de cette évolution sur l’environnement, dans un pays récemment devenu le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde.
 
Les conséquences environnementales de la croissance chinoise

D’un côté, le rapport souligne les progrès environnementaux qui ont pu être engendrés par la croissance économique chinoise et le développement technologique. Par exemple, on apprend que l’efficacité énergétique a été multipliée par trois depuis les années 1970 et que les nouvelles technologies ont permis de réduire, dans les grandes villes, la concentration de certaines particules dans l’air (dioxyde de soufre notamment).

D’un autre côté, il met en avant la très forte augmentation de la consommation d’énergie, notamment dans les années 2000, avec une hausse de 70% entre 2000 et 2005 dont 75% pour le seul charbon (grand émetteur de CO2 qui accroît l’effet de serre). Mais aussi de particules toxiques. La pollution de l’air par des particules toxiques conduit à des dommages très sérieux sur le système économique et agricole : ainsi les pluies acides causent environ 3 milliards d’euros de dégâts aux récoltes chaque année.

A cela s’ajoute un très grave problème de pollution des eaux : depuis 2001, plus de la moitié des eaux des sept cours d’eaux majeurs du pays étaient impropres à la consommation. Ces pollutions frappent surtout les zones et les populations les plus pauvres. Bien que cela n’était pas le but du rapport de la Banque Mondiale, la corrélation entre niveau de pauvreté et niveau de pollution s’est révélée frappante. La déconnexion des réseaux d’eau courante implique ainsi de se tourner vers des eaux de surface très polluées, et accroît très fortement les problèmes de diarrhées et de cancers du système digestif.
La rareté de l’eau est un problème aussi important que sa pollution, puisque dans certaines régions, il s’agit d’un problème chronique. L’eau est largement consommée pour l’agriculture et l’industrie, et quand l’eau n’est pas trop polluée, elle est indisponible, et parfois « remplacée » par des pénétrations d’eau de mer dans les terres.

Des perspectives encourageantes ?

Le coût total de la pollution de l’air et de l’eau (dommages sanitaires, dommages sur les récoltes, dommages sur l’économie…) s’élèverait en fait à 2,68% du PIB chinois chaque année. Les efforts pour diminuer ces pollutions pourraient donc avoir un impact économique fort, particulièrement dans les zones du Nord les plus touchées par ces pollutions, et leurs conséquences.

D’autre part, ce qui ressort des enquêtes effectuées dans le cadre de ce rapport est que la population semble prête à mettre au second plan une croissance trop forte, au profit de progrès environnementaux significatifs et d’une diminution des risques, sanitaires en particulier. Le manque de transparence des autorités chinoises, nationales et locales, est pointé du doigt par la Banque Mondiale, comme un élément qui accroît les peurs liées aux pollutions dans la population.

Au final, le rapport de la Banque Mondiale préconise donc de mettre en œuvre un plan d’action national pour l’environnement et la santé, qui permettrait de réduire les coûts humains et économiques des pollutions. Ce plan devrait ainsi se concentrer sur les zones urbanisées du Nord et les zones les plus pauvres, qui concentrent le plus de pollutions, et donc d’impact sur l’environnement et la santé.

[04-07-2010]
 

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