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Effet de serre et changement climatique

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Changement climatique : l'échauffement de Bangkok est peu concluant

Changement climatique-extraitDu 31 mars au 4 avril, les signataires de la Convention cadres des Nations Unies se sont retrouvés à Bangkok pour poursuivre les négociations vers la rédaction d'un nouveau traité climatique pour 2009. Deux points auront suscité de nouvelles discussions : la prise en compte du problèmes des émissions de CO2 des transports aériens et navals et une demande des écologistes africains aux États fortement émetteurs de CO2 de leur reverser 1% de leur PIB pour lutter contre le réchauffement climatique.
 
Petit rappel du contexte

En décembre 2007, la communauté internationale se réunissait pour la première fois à Bali pour débattre d'un nouvel engagement mondial censé prendre le relais de l'actuel Protocole de Kyoto. La feuille de route définit lors de cette rencontre prévoyait la mise en place annuelle de quatre réunions pour parvenir à un nouveau Protocole d'ici la fin 2009, à Copenhague.

Lors des négociations de Bali, l'Union européenne, la Chine et la plupart des pays en développement étaient d'accord pour que les pays industrialisés s'engagent à réduire de 25% à 40%  leurs émissions par rapport à leur niveau de 1990 d'ici 2020. Face aux réticences américaines, aucun objectif chiffré n'a été mentionné lors du rapport final, sinon la nécessité de "profondes réductions" dans les émissions globales sans spécifier ni les pays concernés ni même à quel horizon.

 

C'est dans ce contexte quelque peu frileux que s'est tenue la première réunion des 187 pays signataires de la Convention cadre. Tenue du 31 mars au 4 avril à Bangkok, cette réunion n'a servi qu'à définir en détail le programme des réunions suivantes en se concentrant sur la réduction des émissions, les nouvelles technologies écologiques, l'aide aux pays pauvres (transfert de technologies) et les nouveaux programmes de financement.

 

 

Définition de la marche à suivre pour agir contre le changement climatique

Bangkok aura eu au moins ça de positif : se mettre d'accord sur les termes d'un texte censé déterminer la marche à suivre pour agir contre le changement climatique. La version officielle du document met en exergue le coût et les moyens à mettre en oeuvre dans cette lutte. La communauté international estime que limiter à 2°C le réchauffement climatique, comme cela l'a été conseillé par le GIEC, coûterait 0,12% du PIB mondial. En 2006, le rapport Stern évaluait à 5 500 milliards d'euros le coût total du changement climatique sur l'économie mondiale si rien n'était fait rapidement. La Communauté internationale soulève la nécessité de réduire de 50 à 58% les émissions de dioxyde de carbone d'ici 2050. Enfin, elle soulève l'inadaptation des politiques actuelles face à l'ampleur du défi et de la nécessité de les réévaluer.  Pour ce faire, elle a procédé à un inventaire des différentes technologies qui pourraient participer à la lutte contre le réchauffement climatique et qui serait applicable et d'un coût supportable pour les pays en développement. Pour la première fois, l'énergie nucléaire est cité dans un texte officiel, aux côtés du solaire et de l'éolien, comme une technologie pouvant  y participer. 

 

Toutefois, tous les pays participants ont maintenu leur position défendue à Bali. Les États-Unis et le Japon refusent d'avoir des objectifs contraignants. La Chine et l'Inde veulent avoir des garanties que ces nouveaux objectifs ne viendront par freiner leur croissance actuelle. Et l'Union Européenne appelle désespérément à l'adoption de mesures et d'engagements plus rigoureux et ambitieux pour lutter contre le réchauffement climatique.

La prise en compte des émissions de gaz à effet de serre des avions et des bateaux

Les 187 pays se sont engagés à réfléchir à un programme et à des solutions concernant les émissions de gaz à effet de serre des transports aériens et navals. Bien que très louable, un accord sur ce point risque d'être difficilement réalisable. Les différentes décisions prises ces derniers mois dans ces secteurs ne prônent pas le contrôle ni la diminution du nombre de vol, au regard de la toute nouvelle libéralisation des vols transatlantiques entre l'Europe et les États-Unis, le 30 mars 2008. Ce texte autorise désormais les compagnies aériennes européennes et américaines de relier  en direct les villes de leur choix. Concrètement, cela veut dire plus de trafic aérien, une augmentation de l'offre et une baisse tarifaire. 

Attendons donc de voir ce qui sera concrètement proposé à Copenhague. 

La voix des Africains se fait plus forte

Ces négociations ont été marquées par une prise de position et un appel fort des représentants africains. Regrettant la focalisation des débats et des médias sur l'opposition entre les États-Unis et les pays émergents (Chine, Inde et Brésil), ils ont rappelé que l'Afrique sera le continent le plus touché par une réchauffement climatique dont les principaux responsables sont justement ceux qui subiront le moins de conséquences.

Pour réparer cette injustice, certains émissaires africains ont proposé une solution plus efficace pour aider l'Afrique à faire face à ce réchauffement : que les principaux émetteurs versent annuellement 1% de leur PIB à un fonds d'adaptation au changement climatique. Cette proposition fut comme à l'accoutumé moyennement bien accueillie par les Américains, une manière déformée de dire que les considérations économiques restent plus importantes que la vie humaine, et de rappeler que des mécanismes de développement propre mis en place sous le Protocole de Kyoto existent déjà dans ce cadre. Ces mécanismes de développement propre permettent aux pays industrialisés d'obtenir des crédits d'émissions par la mise en oeuvre de projets environnementaux dans les pays pauvres, contribuant à leur réduction d'émissions de gaz à effet de serre et participant à un transfert de technologies. Toutefois, ces projets profitent très peu aux Africains : sur 979 projets MDP, seuls 25 ont été réalisés en Afrique.

 

Bref, encore une fois, rien de bien concret n'est ressorti de cette rencontre. La prochaine réunion se tiendra au mois de juin à Bonn, en Allemagne. Chez elle, ce sera l'occasion pour l'Europe de renforcer ses positions et d'entraîner les négociations vers des engagements ambitieux. 

[17-06-2009]
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