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Le 23 janvier 2008, le Centre Interprofessionnel Technique d'Études de la Pollution Atmosphérique (CITEPA), sous contrat avec le MEDAD, a remis l'inventaire national des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France de l'année 2006. Selon le rapport, les émissions de la France ont diminué de 4% par rapport à 1990 et de 2,5% en 2006 par rapport à 2005. La France se situe donc en bonne voie pour répondre aux objectifs fixés par le protocole de Kyoto.
Selon l'inventaire national des émissions de gaz à effet de serre remis par le CITEPA, les émissions de GES de la France sont estimées à 541 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt eq. CO2) pour l'année 2006. Elles seraient donc inférieures de 4% au plafond fixé par le protocole de Kyoto pour la période 2008-2012, soit 564 Mt eq. CO2. "Alors que l'application du protocole de Kyoto a débuté le 1er janvier 2008, la France est l'un des rares pays industrialisés dont les émissions se situent d'ores et déjà en deçà de son engagement international", s'est réjouit M. Borloo, à l'occasion de ses voeux à la presse, le 19 janvier 2008. La France a pour objectif de maintenir le niveau de ses émissions à ceux de 1990.
Entre 2005 et 2006, les émissions ont diminué de 2,5% ce qui représente une baisse de 13,8 Mt eq. CO2. Selon le MEDAD, cette diminution résulte:
Effectivement, l'année 2006 a été particulièrement chaude ce qui a entraîné une baisse de la consommation électrique nationale, la première enregistré depuis dix ans. Cette baisse de la consommation a conduit à une réduction de la production, notamment de l'électricité produite à partir de centrales thermiques au profit des énergies renouvelables dont l'éolien (+129% en 2006). Néanmoins, la consommation a repris en 2007, conséquence de la vague de froid du mois de décembre, hausse qui influera sur le niveau des émissions de GES de cette année.
Avec des émissions par habitant inférieures de 25% à la moyenne européenne et inférieures de 30 à 40% à celles de ses grands voisins, la France est l'un des pays européens les plus sobres en carbone. Faut-il se réjouir de cette situation? Bien sûr mais elle n'est pas sans rappeler que ces bons résultats sont en grande partie imputables à la part considérable que représente l'énergie nucléaire dans notre-mix énergétique. En 2007, le nucléaire produisait 77% de la production totale d'électricité alors que les énergies renouvelables seulement 1,4% (hors hydraulique). Ce choix énergétique, permet à la France d'être peu émettrice de gaz à effet de serre mais ne la protège pas des pollutions liées aux déchets radioactifs émis par les centrales. La France ne doit donc pas se satisfaire de ces chiffres et doit poursuivre les efforts de sa politique climatique.
Le 19 janvier, la secrétaire d'État à l'Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a rappelé que les objectifs arrêtés lors du Grenelle de l'environnement visent à une réduction des émissions de 40% dans le bâtiment et de 20% dans les transports d'ici 2020. Ces deux secteurs ont présenté une forte hausse de leurs émissions depuis 1990, respectivement +21,8% et +15,2%, alors que les secteurs restants ont affiché une baisse conséquente. La réalisation de bilans carbone à l'ensemble des bâtiments publics est un premier pas dans ce sens. Ce travail devrait s'achever en juin 2008 et donner naissance à un nouveau plan d'action vers la construction d'un État français exemplaire en matière d'émissions de GES.
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