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Effet de serre et changement climatique

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La Chine en passe de devenir le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde

émissions de co2-extraitAu diapason d’une croissance du PIB exponentielle (11,1% en rythme annuel au premier trimestre 2007), la consommation énergétique chinoise pèse aujourd’hui à l’échelle planétaire. A tel point que le pays devrait passer très rapidement devant les Etats-Unis au premier rang des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre au monde. Ce bilan est certes à nuancer avec les initiatives à grande échelle menées dans certaines villes chinoises pour prendre en compte les impacts environnementaux de l'urbanisation. Ceci étant, ces initiatives restent encore rares à l'échelle du pays.
 
Une économie en surchauffe ?
La Chine connaît une croissance économique faramineuse depuis plusieurs années, comparable au rythme de la révolution industrielle européenne. Les autorités de Pékin ont du mal à accompagner cette croissance, qui provoque dans son sillage une explosion de la consommation d’énergie de l’Empire du Milieu.
On connaît le poids que la demande chinoise peut avoir sur les matières premières, en particulier sur l’énergie, et des tensions à la hausse que cela suppose sur les marchés internationaux. Ainsi les importations de pétrole en Chine sont passées de 20 millions de barils en 1996 à 90 millions en 2003, et le nombre de voitures a augmenté de 30% depuis 2003.
Conscientes du risque de surchauffe de la machine économique, les autorités de Pékin tentent de limiter cette croissance, notamment par le biais de leurs politiques monétaires. Cependant, cela ne freine pas le rythme ni l’ampleur des investissements, et cette croissance effrénée semble se poursuivre sans être gênée par les tentatives de limitation.
Une croissance tout sauf propre
Chine-extraitCette croissance de l’économie, et en particulier de l’industrie, se traduit par une augmentation considérable des besoins en énergie. De plus, la Chine est ultra dépendante au charbon pour produire son électricité ; or celui-ci émet d’énormes quantités de gaz à effet de serre (GES). En 2006, des centrales électriques à charbon ont ainsi été construites au rythme de cinq par semaine !
Par conséquent, selon Faith Birol, économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), la Chine devrait devenir d’ici un an le premier pays émetteur de GES devant les Etats-Unis, alors que les prévisions précédentes tablaient sur 2010. Les émissions de GES par habitant de la Chine restent près de huit fois inférieures à celles des pays de l’OCDE ; néanmoins, le poids du milliard deux cents millions d’habitants, et le développement « sale » de leurs capacités de production expliquent cette hausse des émissions globales.
Si la Chine continue de connaître une telle croissance économique, Faith Birol estime qu’en 2030, les émissions de GES chinoises constitueront plus du double de celles de l’ensemble des pays industrialisés. Toutefois ces estimations sont à prendre avec des pincettes, puisque le processus de croissance économique devrait évoluer dans son ampleur et dans sa nature. Ainsi, la croissance des industries métallurgiques, dévoreuses d’énergies, ne connaîtra probablement pas un rythme tel que celui de l’an dernier : +26% pour l’acier, +44% pour l’aluminium…
 
Les implications politiques de cette réévaluation
Les estimations données par Faith Birol nous rappellent un élément primordial de la lutte contre le changement climatique : les politiques climatiques internationales ne peuvent plus omettre le poids de la Chine. En effet, la Chine n’est pas soumise à des contraintes d’émissions de GES par la première phase du protocole de Kyoto, contrairement aux pays les plus industrialisés. Cependant, en 2012 s’ouvrira la seconde phase, appelée « Kyoto II », pour laquelle les négociations sont à peine entamées. Un des enjeux majeurs, en plus de l’évaluation des pays déjà contraints, sera alors d’inclure de nouveaux pays.
Si l’on ajoute à cela le manque de volonté, ou l’insuffisante capacité des autorités de Pékin à juguler cette explosion des GES, le tableau semble bien sombre. En effet, malgré des rapports récemment rendus par diverses instances gouvernementales, qui prévoient la désertification de certaines zones et des sécheresses majeures dans le pays, les autorités semblent réticentes à entraver la machine économique sur laquelle elles assoient leur pouvoir. Il serait donc assez illusoire de compter à court terme sur une volonté politique interne de limiter les émissions de GES.
De la nécessité de faire de la Chine un acteur des politiques climatiques
Au final, malgré des émissions de GES par habitant bien moindres que celles des pays occidentaux, la Chine devra nécessairement être intégrée dans Kyoto II, si la politique climatique mondiale se veut efficace. Il sera en effet impossible de se passer de l’engagement des deux plus grands émetteurs de GES de la planète (Etats-Unis et Chine).
Cependant cette intégration ne sera pas des plus aisées, la Chine étant l’un des principaux représentants des pays refusant les contraintes en matière de GES.
[27-07-2011]
 

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