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Stations de sports d'hiver en péril, pénuries d'eau et disparition de plages figurent parmi les effets prévisibles du changement climatique sur le tourisme en France, selon une étude publiée par l'Insee. L'étude, menée par la direction du Tourisme au ministère de l'Economie, présente les principaux enjeux et effets du changement climatique sur l'activité touristique. L'étude, menée par la direction du Tourisme au ministère de l'Economie, présente les principaux enjeux et effets du changement climatique sur l'activité touristique dans l'hypothèse d'un réchauffement de 3 à 4°C à l'horizon 2100.
En montagne, ces nouvelles conditions entraîneraient une diminution du manteau neigeux et rendraient nécessaire une diversification du tourisme.
Pour les stations de ski situées à 1 200 mètres d'altitude, "les conditions de pratique des sports d'hiver ne seraient plus réunies", lit-on dans le document. Les stations situées entre 1 500 et 1 800 mètres "auraient de considérables difficultés à trouver un équilibre économique."
A titre d'exemple, le nombre de stations de ski avec enneigement assuré baisserait de moitié en Haute-Savoie (18 contre 35 actuellement) en cas de réchauffement de deux degrés et il tomberait à sept si la hausse atteignait quatre degrés.
Le changement climatique entraînera aussi des pénuries d'eau et de probables conflits d'usages, d'autant que la pression du tourisme est la plus forte l'été, au moment où les ressources en eau sont les plus rares et demandées par l'irrigation.
"Choisira-t-on de préserver l'irrigation des golfs ou celle du maïs ?", demandent les auteurs, en notant que ces tensions risquent de se renforcer "si la France non méditerranéenne, bénéficiant du réchauffement climatique, devenait encore plus un pays de villégiature pour les clientèles européennes du Nord."
Les plans d'eau subiront en outre les effets d'une mobilisation croissante à des fins de consommation, sans parler de la diminution des débits et des niveaux qui favorisera diverses formes de pollution défavorables au tourisme.
"Un lac avec un marnage excessif en été n'est pas attractif, la pêche en eau douce a été interdite lors de la canicule de 2003 et les prévisions conduisent à l'aggravation de ce type de phénomène", souligne l'étude.
Sur le littoral, la remontée du niveau de la mer amplifiera l'érosion des côtes qui touche déjà 20% des communes touristiques françaises.
"Quel développement touristique peut espérer une station balnéaire qui perd sa plage ? Quelle pression touristique maximale peut subir une station balnéaire qui conserve sa plage", demandent les auteurs.
L'impact de l'évolution de la biodiversité et des paysages serait encore plus marqué dans les destinations outre-mer qui risquent de perdre leur barrières de corail, principales ressources touristiques de territoires comme la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie ou Mayotte.
"Toutefois on ne doit pas oublier qu'une ressource touristique peut se substituer à une autre : la dégradation des coraux dans les Caraïbes n'y a pas mis fin au tourisme", relève l'étude.
Le document, dont la publication coïncide avec l'épidémie de grippe A (H1N1) partie du Mexique, évoque aussi une recrudescence des risques sanitaires alors que le nombre de voyageurs long courrier ne cesse d'augmenter. "Le changement climatique lié à ce paramètre pourrait faciliter le transport, l'adaptation et la mutation de virus plus facilement", peut-on lire.
L'impact sur la pollution de l'air est également cité, avec l'exemple de la canicule de 2003 qui a entraîné un pic de pollution à l'ozone en milieu urbain notamment.
"Il faut donc s'attendre avec le changement climatique à une recrudescence de l'asthme et des bronchiolites. En outre, les études médicales montrent que le risque d'intoxication alimentaire est corrélé aux températures", indique l'étude.
Le tourisme mondial a augmenté d'environ 25% depuis dix ans pour représenter près de 10% de l'activité économique mondiale.
La France est la première destination mondiale par le nombre de touristes (82 millions en 2007, selon l'Insee) mais la troisième pour les recettes, après les Etats-Unis et l'Espagne.
Le secteur, qui emploie plus de 900 000 personnes, a un poids de 6,2% dans le produit intérieur brut français et est le premier contributeur dans les échanges extérieurs avec un excédent de 12,8 milliards d'euros, selon des chiffres de 2007.
(Reuters)
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