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Effet de serre et changement climatique

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Le GIEC présente à Bangkok son troisième rapport sur les mesures à prendre pour lutter contre le changement climatique

cyclone-extraitRéunis à Bangkok depuis le lundi 30 avril 2007, les experts mondiaux du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) sous l’égide de l’ONU ont réussi à se mettre d’accord sur un résumé à l’attention des décideurs sur les mesures d’atténuation du réchauffement climatique. Si la rédaction de ce rapport précise que la lutte contre le changement climatique est possible tant financièrement que technologiquement, il précise que la réduction des émissions de gaz à effet de serre doit devenir une réalité. Une alerte adressée plus particulièrement aux Etats-Unis et à la Chine dont cette dernière à déposer un nombre conséquent d’amendements au rapport. Pour maintenir le niveau du réchauffement, désormais inéluctable, à niveau compris entre 2°c et 2,4°C en moyenne, les émissions doivent baisser à partir de 2015 !
 

Les questions du financement de la lutte contre le changement climatique (entre 0.2% et 3% du PIB mondial d’ici à 2030) et celle du nucléaire ont fait l’objet de nombreux débat et le rapport a souvent du trouver des termes vagues pour aboutir à un consensus. Par ailleurs, les pays en développement – dont le modèle de développement est souvent pointé du doigt par les pays industrialisés – ont rappelé le rôle de ces derniers dans la situation actuelle. Une façon de défendre leur modèle, leur droit au développement et au partage des responsabilités.
Le troisième rapport publié par le GIEC vise cette fois ci à présenter les mesures que les Etats doivent mettre en œuvre pour relever le défi du changement climatique. Il fait suite aux deux précédents de rapport (Paris et Bruxelles) sur l’ampleur du changement climatique et sur les conséquences inquiétantes du phénomène.
Le rapport est très clair sur un point : il est possible d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre mais le temps est compter. Il faut agir vite pour limiter l’ampleur des conséquences que nous savons d’ores et déjà inévitables.
Jean-Pascal Van Yperzele, climatologue belge et membre du GIEC, a répondu à une interview de la RTBF en Belgique (www.rtbf.be) dont nous vous rapportons ci-après les propos :

RTBF : On ne va pas détailler les 20 ou 30 pages de votre synthèse, mais vous êtes arrivés à la conclusion qu’il est possible d'atténuer le réchauffement climatique et de stabiliser surtout les émissions de gaz à effets de serre.

J-P Van Yperzele: Non seulement de les stabiliser, mais de les réduire. Vraiment le troisième volume est le volume le plus optimiste des trois volumes du Giec de cette année. Les deux premiers volumes étaient le constat des aspects physiques, des aspects climatiques purs. Le deuxième, celui de Bruxelles, était sur les impacts. Celui-ci montre vraiment que, si on est convaincu d'agir par les précédents rapports, il est vraiment possible de réduire les émissions. On n'a pas beaucoup de temps pour s'y mettre. C'est un des messages du rapport. Mais les outils, les méthodes sont là. Le futur est vraiment entre nos mains et il est possible d'orienter les choses dans le bon sens.

RTBF : Peu de temps. Mais alors est-ce que vous avez fixé des seuils, des quantités, comme l'Europe qui s'est engagée à réduire ses émissions de 20 % d'ici à 2020? Peu de temps. Mais alors est-ce que vous avez fixé des seuils, des quantités, comme l'Europ

J-P Van Yperzele: Non, ce n'est pas du tout le rôle du Giec. Le Giec fait une évaluation scientifique des possibilités et puis il met son rapport sur la table des décideurs, là où les négociations sur l'avenir du climat ont lieu. C'est un autre processus qui recommence d'ailleurs à Bonn, la semaine prochaine, et qui va se poursuivre à Bali à la fin de l'année. C'est là qu'on met en œuvre le Protocole de Kyoto. C'est là qu'on négocie la suite du Protocole de Kyoto. Ce que nous fournissons, c'est de l'information scientifique la plus utile possible pour que les décideurs, lors de ces négociations-là, puissent avancer.

RTBF : Des informations scientifiques... Est-ce que cela veut dire que vous proposez des pistes concrètes pour limiter le réchauffement?

J-P Van Yperzele: En fait, nous fournissons des pistes très concrètes dans tous les secteurs. Secteur des transports, secteur des bâtiments, de l'industrie. On met le doigt sur les techniques qui existent, les techniques qui pourraient exister…

RTBF : Quelle genre de piste? Pourriez-vous donner un exemple concret?

J-P Van Yperzele: Dans le domaine du transport, par exemple, on insiste sur l'importance du travail que les constructeurs ont à fournir pour augmenter l'efficacité énergétique, on insiste sur l'importance de l'aménagement du territoire de manière à ne pas créer, à long terme, une structure du territoire qui requiert que l'on ait besoin d'une voiture pour aller d'un endroit à un autre. Si on pense à cela dès le départ, en ayant en tête notamment la protection du climat, on aura peut-être moins besoin dans les décennies à venir de ce déplacer en voiture. Et donc on sera moins à l'origine d'émissions de gaz à effets de serre si on peut utiliser davantage le vélo, la marche, les transports publics, les trains.

RTBF : Quand vous dites la marche, utiliser le vélo, il s'agit plus un message à destination des citoyens du monde entier plus qu'à destination des décideurs…

J-P Van Yperzele: C'est vrai, mais on attire l'attention des décideurs sur le fait que le cadre dans lequel cela doit se passer peut être amélioré. On peut plus facilement faire du vélo s’il y a de la place pour les vélos sur les routes, si on a pensé aux vélos quand on aménage les ronds-points ou les routes. Il y a donc un message pour les décideurs aussi car ils ont une option, c'est de promouvoir le vélo et la marche. Je crois que les décideurs ont la responsabilité de rendre cela possible…

 

 

 

 

 

[27-07-2011]
 

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