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Effet de serre et changement climatique

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Parution du rapport du second groupe de travail du GIEC sur les conséquences du changement climatique,le 6 Avril, à Genève

cyclone-extraitLe groupe de travail n°1 du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat, avait remis son rapport au mois de mars pour décrypter le phénomène de changement climatique et ses liens avec l’activité humaine. Le groupe de travail n°2 a remis son rapport sur les impacts de ce changement sur les systèmes naturels et humains. Il se base sur des phénomènes d’ores et déjà observés pour élaborer ses analyses prospectives des conséquences. Ce groupe de travail examine donc les impacts du changement climatique, mais aussi les différentes capacités d’adaptation, de résistance et la sensibilité face au changement climatique.
 
Enjeux et pressions
Peut-être plus encore que le rapport du premier groupe de travail du mois de mars, le rapport du second groupe de travail a été l’objet de longues et âpres négociations. En effet, au-delà des dimensions scientifiques, ce rapport met en jeu des phénomènes économiques et sociaux ; il met en cause certains comportements et matérialise les conséquences du changement climatique. C’est pourquoi les négociations ont donné lieu à de très vifs échanges et ont fait l’objet d’importantes pressions, notamment des Etats-Unis, de l’Arabie Saoudite et de la Chine : ces pays ont en effet un intérêt politique et économique à ce que le rapport ne soit pas trop alarmiste. C’est pourquoi certains passages faisant mention de risques très élevés ont été supprimés ou nuancés ; plusieurs observateurs et participants à ces discussions en ont fait l’aveu en privé.
Disparition d'espèces et méfaits
Cependant, cette version du rapport du deuxième groupe de travail reste extrêmement alarmante. Ainsi, l’ensemble des récifs coralliens disparaîtront probablement, ainsi que 20 à 30% des espèces animales et végétales si la température s’élève de 2,5°C par rapport à 1990. Ce chiffre correspond à la moyenne des prévisions de hausse des températures. Quatre régions sont montrées comme les plus exposées aux conséquences du changement climatique : l’Arctique, l’Afrique, les petites îles et les deltas d’Asie. Par la combinaison de phénomènes naturels et de la faiblesse de ses moyens d’adaptation, l’Afrique sera la zone la plus durement touchée, mais en Europe aussi les conséquences seront très nettes : inondations suite à la fonte de glaciers, bouleversement des zones montagneuses…
D’autre part, le rapport du GIEC montre que ce sont les populations les plus fragiles, y compris au sein des Etats prospères, qui seront les plus touchées par le changement climatique : multiplication des maladies diarrhéiques, décès et affections liées aux canicules, maladies cardio-respiratoires…Les impacts socio-économiques seront également très marqués en termes d’accès à l’eau, de rendements agricoles, de ressources, de façon globale malgré les différences géographiques.

D’une façon générale et incroyablement perverse, les différentes régions et populations souffriront d’une amplification de leurs différents problèmes existants. Les conséquences du changement climatique conduiront ainsi à une augmentation des sécheresses dans les zones déjà ravagées par le manque d’eau ; à l’inverse, dans les régions tropicales, humides, ce sont les ouragans et les inondations qui se renforceront. Il n’y a donc pas d’effets positifs à attendre du changement climatique : le prix à payer pour ne pas souffrir du froid en hiver, comme cette année, semble trop élevé pour ne plus s’en soucier.
Perspectives : espérer, ou se résigner ?
Du 30 avril au 3 mai aura lieu à Bangkok la réunion du groupe de travail n°3, chargé de tabler sur les solutions pour faire face aux conséquences du changement climatique, avant une synthèse globale des rapports des trois rapports à Valence en novembre. Suite à la publication de ce second rapport, on ne peut que rappeler, comme la chancelière allemande Angela Merkel, l’urgence d’une action rapide et énergique de l’ensemble des Etats afin de réellement chercher de nouvelles voies de développement, plutôt que de rester spectateurs du changement climatique et de ses conséquences. C’est pourquoi Mme Merkel, qui assure la présidence de l’Union Européenne jusqu’au mois de juin, s’efforce de rappeler à ses partenaires européens les efforts à réaliser pour que l’UE puisse se prévaloir dans les prochains sommets internationaux d’une position forte et exemplaire.
[17-06-2009]
 

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