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La situation des énergies renouvelables en France

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Situation de l'éolien en France et en Allemagne

Test 2-extraitDans le cadre de la coopération franco-allemande pour le développement de l'énergie éolienne, l'Ambassade de France en Allemagne a remis fin novembre 2007 au gouvernement allemand une présentation succinte de la situation actuelle de l'énergie éolienne sur le territoire français. Ce rapport permettra à l'Allemagne de s'inspirer de l'exemple français dans le cadre de la révision de la loi sur la promotion des énergies renouvelables afin d'atteindre ses nouveaux objectifs en matière d'électricité verte.
 

En avril 2007, l'Allemagne renforçait ses objectifs en matière d'environnement et d'électricité fixant un nouvel objectif de 27% d'électricité issue des énergies solaire, éolienne et hydraulique à l'horizon 2020. Afin de garantir l'atteinte de ces objectifs, la loi sur la promotion des énergies renouvelables allemande (ou loi EEG) fait actuellement l'objet d'un réexamen en vue de son amendement. Les acteurs allemands s'intéressent donc plus que jamais aux autres expériences nationales et notamment celle de la France. Ce fut l'occasion pour l'Ambassade de France an Allemagne de faire le bilan de cette énergie en France  comparé à son homologue allemand à travers un rapport intitulé l'"État de l'éolien en France et en Allemagne".

Coopération franco-allemande au développement de l'énergie éolienne

En novembre 2006, un bureau franco-allemand de coordination de l'énergie éolienne a été mis en place. Il doit permettre d'établir un échange régulier entre les acteurs français et allemands du secteur éolien. Les deux pays veulent mutuellement tirer profit de leur expérience dans les domaines de la planification et de la réglementation des projets éoliennes afin notamment de supprimer les entraves existant au déploiement de l'énergie éolienne. C'est dans ce cadre de coopération que l'Ambassade de France en Allemagne a remis à son homologue allemand fin novembre 2007 une étude sur l'énergie éolienne en France et en Allemagne. Elle permettra d'orienter l'Allemagne dans la révision de sa loi EEG en présentant la situation française.

Situation de l'éolien en France

Malgré une opinion très favorable au développement de l'éolien en France, le pays accuse un grand retard par rapport à son voisin allemand. La France se situe au 10ème rang européen par la capacité installée (1 500 MW à fin 2006), loin derrière les premiers que sont l'Allemagne (20 000 MW) et l'Espagne (11 000 MW). Ainsi, l'éolien ne couvre actuellement que 0,2% de la production électrique nationale en France, contre près de 6% en Allemagne mais présente une forte croissance (129% en 2006 selon le RTE). D'après Bernard Chabot, expert sénior au département des énergies renouvelables de l'ADEME, ce retard reflète une méconnaissance de l'enjeu industriel et énergétique de la filière.


Il est aussi le résultat d'un dur combat d'opposition mené par certaines organisation très bien structurées dès les débuts du développement industriel de l'éolien en France. Leur action bloquante n'est pas négligeable : les "anti-éoliens" seraient à l'origine de l'échec d'environ un tiers des projets et du retard de nombreux autres. Aujourd'hui, un délai de 3 à 7 ans est en général nécessaire pour qu'un projet voit le jour. Cette lenteur administrative a de quoi décourager bon nombre d'entreprises à se lancer sur le marché ou contraint de plus petites à se faire racheter par des "géantissimes" afin de trouver les fonds nécessaires au financement de leur fonds de roulement (dernièrement, La Compagnie du Vent s'est faite rachetée par Suez, ERELIA par Gaz de France...).


Dans le cadre de l'application nationale de la directive européenne de 2001 sur la contribution des énergies renouvelables à la production électrique, la France ambitionnait initialement d'installer environ 11 GW éoliens d'ici 2010. Si la réalisation de cet objectif s'avère aujourd'hui très improbable, 5 GW devraient malgré tout être installés d'ici 2009, si l'on considère le nombre de permis de construire déjà obtenus et le développement très encourageant de la branche ces dernières années (810 MW installés en 2006, probablement 1 000 MW installés en 2007).


Toutefois, selon les calculs de M. Chabot, le système réglementaire et tarifaire actuel ne permettrait pas de dépasser le seuil de 7 GW : les tarifs, trop bas, rendraient les projets d'implantation de parcs sur les sites peu ventés non rentables économiquement.


Situation de l'éolien en Allemagne

L'éolien allemand bénéficie de conditions fondamentalement plus favorables : cette forme d'énergie est considérée comme d'utilité publique. La mentalité diffère : le développement des énergies renouvelables n'est pas vu comme le partage d'un fardeau, mais davantage comme une opportunité économique. Ainsi, le champion mondial de l'éolien se trouvait début 2007 à la tête d'une capacité installée de 20 621 MW qui contribue à hauteur de 5,7% à la production électrique nationale, ce qui est en fait la plus importante source l'électricité renouvelable du pays (devant l'hydraulique).


La filière employait 70 000 personnes en 2006 (contre 170 000 personnes pour l'ensemble de l'industrie des renouvelables), chiffre qui doit passer à 112 000 d'ici 2020. Les trois principaux constructeurs allemands (Enercon, Repower et Nordex) se partagent environ 20% des parts d'un marché mondial dominé par le danois Vestas (28%). Les acteurs de l'industrie éolienne allemande devraient totaliser en 2007 un chiffre d'affaire de plus de 6 milliards d'euros dont 79% à l'exportation.


Depuis quelques années, la filière doit cependant faire face à la hausse de prix des matières premières (acier, cuivre, béton). Le prix des composants des éoliennes a ainsi fortement augmenté depuis 2005 : générateur +100%, matériel +50%, fondation +20%. De plus, depuis 2005, l'obtention d'un permis de construire s'est complexifiée : il est désormais nécessaire d'obtenir un certificat de respect de la Faune qui peut coûter plusieurs milliers d'euros supplémentaires.


Ces difficultés ont eu pour effet de ralentir l'installation d'éoliennes en Allemagne : +665 MW estimés pour 2007 contre +883 MW en 2006. Plusieurs constructeurs étrangers se sont ainsi retirés du marché allemand (Vestas, GE Energy...) si bien que la part 2007 des constructeurs allemands devraient connaître une nette augmentation.

La filière offshore au ralenti

Cette filière industrielle, réservée aux grands groupes énergétiques du fait de la dimension des projets, connaît un démarrage difficile dans les deux pays : en Allemagne, les parcs éoliens en mer doivent être érigés loin au large des côtes des mers du Nord et Baltique pour des raisons réglementaires mais aussi de gisement venteux, ce qui augmente considérablement les coûts de fondations et du raccordement au réseau électrique. Ainsi, même si les permis de construire ont déjà été obtenus pour 21 des 40 projets offshores, aucun parc commercial n'a vu le jour dans les eaux allemandes. Si la France bénéficie d'un meilleur gisement éolien à proximité des côtes, les eaux, par ailleurs plus profondes, induisent un défi technique similaire et des coûts de fondations élevés.


L'objectif du gouvernement fédéral est d'installer d'ici 2030 des parcs éoliens en mers du Nord et Baltique qui totalisent une puissance de 20 000 MW à 25 000 MW. Ils pourraient couvrir environ 15% des besoins nationaux en électricité. Les premiers projets allemands devraient voir le jour courant 2009.

Étude : "Etat de l'éolien en France et en Allemagne"
[15-01-2009]
 

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