Energie en Europe : Janvier 2007, nouvelle feuille de route pour l’Union Européenne

Malgré l’absence d’une politique communautaire de l’énergie, la Commission Européenne a présenté aujourd’hui sa nouvelle stratégie énergétique. Elle inclut une nouvelle feuille de route pour les énergies renouvelables, un état d’avancement sur la production d’électricité verte et sur les biocarburants, un point sur la situation des marchés du gaz et de l’électricité, le nucléaire, les infrastructures, les technologies et la production durable d’électricité à partir des matières fossiles ainsi qu'un plan d'actions qui sera soumis au Conseil Européen.
Le 10 janvier 2007, la Commission Européenne a présenté sa nouvelle stratégie énergétique dans un contexte plutôt tendu avec la Russie qui démarre, comme l’année dernière, par un conflit avec l’un de ses pays voisin.
L’occasion a donc été donnée au Président de la Commission de rappeler la nécessité pour l’Union Européenne de s’exprimer d’une seule voie sur la scène internationale, de renforcer la sécurité de ses approvisionnements et de se doter d’une politique énergétique commune – dont la présente feuille de route pourrait constituer un socle solide.
Les trois piliers de l’action communautaires restent ainsi le renforcement de la sécurité d’approvisionnement de l’Union Européenne, la lutte contre le changement climatique et une industrie compétitive, passant par un marché intérieur de l’énergie efficace. Le développement des énergies renouvelables reste une priorité de même que l’amélioration de l’efficacité énergétique (+20%) et la réduction des émissions de CO2 (-20% d’ici à 2020).
La stratégie est présentée sous la forme de plusieurs documents que vous trouverez ci-dessous :
- Energy for a changing world ;
- An Energy Policy for Europe;
- Renewable Energy Road Map;
- Progress in renewable electricity;
- Progress in Biofuels;
- Internal Market for Gas and Electricity;
- Gas and Electricity Infrastructures;
- Nuclear Energy;
- Sustainable Power Generation from Fossil Fuels;
- Strategic Energy Technology Plan.
La Commission est convaincue que les négociations en cours pour l’après 2012 devraient permettre, sur la base d’un accord international, une réduction des émissions de CO2 des pays développés de l’ordre de 30% d’ici à 2020. Concernant l’Union Européenne, elle se fixe un objectif de réduction de l’ordre de 20% d’ici à 2020, notamment grâce à sa politique énergétique.
Les estimations actuelles portent le niveau du réchauffement climatique d’ici à la fin du siècle à 5°C. Sans agir, l’augmentation des émissions des secteurs de l’énergie et des transports devrait, rien qu’à elles, s’établir à 5% d’ici à 2030. En matière d’approvisionnement, les importations européennes d’énergie représenteraient non plus 50 mais 65% de la consommation intérieure sur la même période.
L’objectif fixé en matière de production d’énergie à partir des sources d’énergies renouvelables en Europe est fixé à 20% pour 2020 (électricité, biocarburants et climatisation).
Afin d’agir à la fois pour l’atteinte de cet objectif mais aussi pour aider au développement de l’industrie européenne, la Commission augmentera de 50% ses dépenses en matière de recherche et développement dans les domaines de l’énergie sur les sept prochaines années.
En ce qui concerne le nucléaire, la position de la Commission est de laisser le choix aux Etats Membres. Ces derniers sont libres de choisir ou non le recours à cette source d’énergie. Cependant, il est demandé aux Etats de compenser – dans le cas d’une diminution ou d’un arrêt de la production nationale nucléaire – par des capacités de production utilisant des sources d’énergie produisant peu de carbone afin de respecter les engagements européens en matière d’émission de gaz à effets de serre. Aujourd’hui, le nucléaire représente 14% de la consommation énergétique de l’Europe et 30% de son électricité.
Au-delà de l’effort qui doit être consenti dans le développement de nouvelles capacités de production économes en carbone, la Commission insiste sur la nécessité de coupler ces efforts avec une augmentation de son efficacité énergétique. L’objectif est d’économiser 20% de la consommation totale d’énergie primaire d’ici à 2020. Un tel objectif permettrait à l’Europe de consommer 13% d’énergie en moins en 2020 qu’en 2006, soit une économie de 100 milliards d’euros par an et 780 millions de tonnes CO2 chaque année. Parmi les mécanismes de soutiens proposés : le développement des véhicules sobres en carburant, l’adoption de normes plus strictes et un meilleur étiquetage pour les appareils, d’améliorer le rendement énergétique des bâtiments et l’efficacité des systèmes de chauffage ainsi que la production, le transport et la distribution d’électricité.
Sur le plan international, elle recommande d’aboutir à une politique européenne commune de l’énergie, à étendre le Protocole de Kyoto, à la mise en place d’un accord international sur l’efficacité énergétique et un partenariat global entre l’Afrique et l’Europe.
« La Commission s’efforcera de faire approuver les propositions en matière d’énergie et de changement climatique lors du Conseil Européen de printemps et présentera des mesures législatives tenant compte de ces discussions. »
[27-07-2011]