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Si le lien entre pollutions industrielles, effet de serre et réchauffement climatique n'est pas parfaitement maîtrisé, il est toutefois avéré aujourd'hui. Les documents de référence en la matière demeurent les rapports du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat).Depuis la fin du XIXème siècle, les températures sur Terre ont ainsi augmenté de 0,6°C, le niveau des mers a augmenté (de 10 à 25cm). Les conséquences écologiques de ce réchauffement sont déjà notables, avec une modification rapide des écosystèmes (glaciers en retrait, disparition des récifs coralliens, modification des périodes de floraison, de végétation, migrations...), des conditions agricoles (hydriques notamment), voire de phénomènes météorologiques violents ("canicule" de 2003, tempêtes...) dont on ne peut toutefois attribuer avec certitude la paternité au réchauffement climatique.
La Terre possède naturellement des moyens de défense contre la concentration des gaz à effet de serre, grâce à l'absorption notamment du CO2 par les "puits" océaniques et continentaux (forêts), mais leur capacité d'absorption est aujourd'hui progressivement dépassée, et leur affaiblissement (déforestation...) amoindrit encore cette capacité, qui permet aujourd'hui d'assimiler environ 50% des gaz.
Si les premiers effets de l'accroissement de l'effet de serre sont déjà notables, ils devraient largement s'accentuer dans les décennies et siècles à venir. Les températures sur Terre pourraient ainsi, selon les estimations et les scénarios envisagés, s'élever de 1,4° à 5,8°C. En conséquence de cette élévation des températures, le niveau des mers augmenterait de 9 à ... 90cm !
Sécheresses, inondations, augmentation générale des précipitations, dépérissement des forêts, désertification croissante, modification des grands courants marins, graves atteintes à la biodiversité sont autant de conséquences prévisibles de ce phénomène. En France elles pourraient se traduire par la disparition de deltas, de zones lagunaires, de marais proches de la mer (Camargue...), d'une réduction drastique des périodes d'enneigement à moyenne altitude, comme d'une redistribution géographiques des activités agricoles. Les différentes régions du monde seraient diversement frappées par le réchauffement.
De nombreuses conséquences potentielles sont encore largement méconnues : quel sera l'effet du réchauffement climatique sur le Gulf Stream ? Quelles seront les répercussions sur la fonte des glaces sur la salinité des eaux ? Toutefois, il apparaît d'ores et déjà clairement que nos sociétés devront faire face à des évolutions majeures, liées aux déplacements massifs de populations prévisibles, au développement de maladies "tropicales" dans des zones jusqu'alors préservées, ou encore à la raréfaction des réserves en eau potable dans de nombreux pays.
Les programmes d'action et diverses mesures envisagées pour lutter contre la concentration excessive de CO2 dans l'atmosphère offrent des perspectives contrastées. Des prévisions dites "extrêmes", qui correspondent à la pérennisation du rythme actuel, tablent sur une croissance de 2% par an des émissions de CO2. Dans une telle situation, le taux de gaz carbonique dans l'atmosphère atteint en 2050 le double de ce qu'il était avant la révolution industrielle.
En cas d'efforts relativement modestes (croissance de 1% des émissions de CO2 par an), ce doublement intervient vers 2065. Dans un scénario plus conforme aux engagements pris lors des conférences internationales consacrées à cette thématique, qui prévoient la stabilisation des émissions au niveau de 1990, le doublement du taux de CO2 dans l'atmosphère est retardé d'un siècle environ. La croissance n'est alors plus exponentielle mais linéaire.
Un troisième type de scénario, qui semble actuellement très peu envisageable d'un point de vue politique (alors que les outils économiques et techniques le rendent réalisable), prévoit la diminution des émissions de CO2 au rythme de 1% à 2% par an. Dans une telle perspective, le taux de CO2 dans l'atmosphère atteindrait un pic correspondant au niveau de 1990 augmenté de 50%, avant de décroître lentement.
Un dernier type de scénario, purement scientifique, analyse l'effet potentiel d'un arrêt total des émissions de CO2. Dans ce cas, il faudrait tout de même plusieurs siècles avant de retrouver le taux de CO2 dans l'atmosphère qui prévalait avant l'ère industrielle (analyses tirées de "Effet de serre, Science ou religion du XXIème siècle ?" Editions Naturellement, François Ploye).
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