Base de connaissances

Moteur de recherche

Le développement durable

Précisez votre recherche :

Entretien avec Aloys Ligault des Amis de la Terre concernant les gaz de schistes

Entretien avec Aloys Ligault des Amis de la Terre concernant les gaz de schistesDepuis quelques temps le gaz de schiste fait la une. Après que Jean-Louis Borloo a accordé 3 permis de recherche sur ce fameux gaz concernant 9 672 km2 d’espace rural du sud de la France, nombreux sont ceux qui s’insurgent contre ce qui pourrait devenir une aberration écologique en France, après son exploration décriée aux Etats-Unis.
 

Nous avons posé quelques questions à Aloys Ligault, chargé de campagne industrie extractive au sein de l'association Les Amis de la Terre.

Nous avons tout d'abord voulu savoir quels étaient les enjeux de ce gaz non conventionnels.
Selon Aloys Ligault, ils sont de plusieurs ordres :
- Locaux tout d'abord, avec une préoccupation sur l'eau et les très importants volumes nécessaires à l'exploitation de ce gaz, d'autant plus lorsque l'on connaît le stress hydrique auquel est soumis la zone concernée par ces permis d'exploration ;
- Il n'y a pas encore de réponse satisfaisante sur le traitement de l'eau en fin de cycle (est-ce que l'eau est évacuée pour être traitée dans des sites appropriés ou traite-t-on l'eau localement, et dans ce cas comment ?) « Car il faut environ 20 000m3 d'eau par fracturation » ;
- L'exploitation de gaz de schistes aux Etats-Unis a démontré des failles entraînant diverses pollutions. Le processus n'est pas encore sûr, les tubes de protection qui protègent les puits ne sont pas à toute épreuve ce qui peut entraîner des contaminations au méthane, aux boues ou produits toxiques des nappes, à des remontées de gaz ou encore de la radioactivité comme en témoigne un récent article du New York Times à ce propos.
- Des enjeux plus globaux sont également liés à ces gaz de schistes, car leur exploration n'est pas neutre. En effet il faut tenir compte de l'ensemble du processus d'exploitation (transport pour acheminer le matériel, l'eau dont nous venons de parler, produits chimiques par centaines...).
- La question climatique, c'est une question de choix énergétique. En imposant ce gaz non conventionnel on retarde d'autant l'évolution vers les énergies renouvelables, et la sobriété énergétique qu'elles peuvent impliquer.
Nous avons ensuite voulu savoir si les quantités de gaz contenues dans nos sous-sols valaient la peine de risquer de mettre en péril notre environnement.
Aloys Ligault nous a répondu que nos sous-sols et ce qu'ils contiennent sont bien connus en France, notamment par des documents et études du BRGM. « D'après un expert pétrolier et géologue, on sait qu'il y en a. Mais les vraies questions qui se posent sont celles de la rentabilité et de la technologie. »
Nous avons abordé la question de la position du gouvernement sur ce sujet.
Et il en ressort que le gouvernement se trouve dans une position épineuse. Car il est difficile de faire abstraction du tollé médiatique et de la levée populaire qui entourent ces gaz de schistes. De plus, demeure la difficulté de se lancer dans un tel projet industriel car le sous-sol appartient à l'Etat (à la différence des Etats-Unis), mais pour accéder à ces sous-sols il faut passer par des terrains souvent privés. On ose donc espérer que les contraintes réglementaires sont plus strictes en France qu'aux Etats-Unis. Il en va de même pour les prises de décisions. Car si les collectivités locales n'ont pas été consultées, ou peu, pour les permis d'exploration, elles ne pourront pas être tenues à l'écart des permis d'exploration où elles auront à donner leur avis.
La question énergétique, et les gigantesques enjeux géopolitiques qu'elle induit, est un véritable casse-tête pour les gouvernements, mais sont-ils tous prêts à sacrifier la terre qui nous nourrit ? Car la question des gaz de schistes repousse à nouveau l'impératif de sobriété et d'efficacité énergétiques qui est pourtant LA réponse aux enjeux énergétiques et climatiques actuels et à venir. Quant à ceux qui pensent que le prix de cette technologie ne lui permettra pas d'émerger, ils se trompent et c'est bien ce qu'attendent les énergéticiens historiques : que le prix de revient des énergies fossiles dépasse celui des gaz de schistes. Et nous y arrivons à grand pas.
Si le nucléaire et les gaz de schistes bénéficiaient d'un moratoire gouvernemental comme celui du photovoltaïque, alors les raisons d'y croire existeraient encore... Mais visiblement, c'est beaucoup plus simple de bloquer les énergies renouvelables.

Communiqué de presse du MEEDDTL du 04 Février 2011
Lire le communiqué (format pdf, 56 ko)
Lettre de mission signée par Nathalie Kosciusko-Morizet et Eric Besson
Télécharger la carte des titre miniers d'hydrocarbures en France :
Communiqué de presse de l'association Polénergie du 31 Janvier 2011
Interview de José Bové, député européen, publiée par Le Monde le 24/01/2011
Télécharger l'interview (format pdf, 40 ko)
Enquête du New York Times sur le lien entre gaz de schistes et rédioactivité relayée par Terra Eco et Rue89
[27-07-2011]
 

electricite-verte.com, le portail de l'électricité verte, a été conçu par eQuiNeo et réalisé par Ginko et autodidacte.net