
L’INSEE a publié récemment un rapport sur le développement durable en France. Ce rapport s’appuie sur 11 indicateurs. Tous sont au beau fixe mis à part ceux concernant la biodiversité. La France a donc réalisé des progrès. Cependant, comparé à ses voisins européens, elle reste un élève moyen et devra fournir d’importants efforts pour atteindre les objectifs fixés par l’Union Européenne.
Un rapport note les progrès de la France en matière de développement durable
Récemment l’INSEE a publié un bilan faisant état des progrès de la France en matière de développement durable. Intitulé « Indicateurs de développement durable » et publié dans la revue « Economie française, comptes et dossiers », le rapport s’appuie sur 11 indicateurs « clés » parmi les 116 déterminés par l’Union Européenne dans sa stratégie de développement révisée en 2006 (Stratégie de Göteborg). Ces indicateurs, repris par la France dans sa stratégie nationale pour le développement durable, reflètent les enjeux et les thèmes du développement durable.
11 indicateurs qui reflètent la prise en compte du Développement Durable
Les 11 indicateurs prennent en compte les trois piliers du développement durable : taux de croissance du PIB par habitant, émissions de gaz à effet de serre (GES), part des énergie renouvelables dans la consommation intérieure brute d’énergie, consommation d’énergie des transports, productivité des ressources, évolution de la biodiversité, gestion des ressources halieutiques, espérance de vie « en bonne santé », taux de pauvreté, emploi des travailleurs âgées et aides publiques au développement et solidarité internationale.
La France a fait globalement des progrès
A en croire, les statistiques, la France fait des progrès importants en matière de développement durable. Sur les 11 indicateurs étudiés, la France a progressé depuis 2000 dans tous les domaines mais la perte de la biodiversité reste le point faible de sa politique.
La croissance économique française bien que modeste (+1,1% depuis 2000) reste positive chaque année. Elle montre ainsi une économie relativement dynamique. A cela s’ajoute une population en meilleure santé puisque notre espérance de vie « en bonne santé » augmente: les femmes 64,3 ans et les hommes 62 ans. Cette espérance de vie « en bonne santé » progresse plus rapidement que l’espérance de vie à la naissance. Aussi, les personnes dites « âgées » (55 – 64 ans) sont plus nombreuses à travailler : 38,1 % de la population en 2007 alors qu’ils n’étaient que 30% en 2000. Reste que la France connaît toujours un chômage de longue durée relativement élevé (4% en 2006) et que 13% de la population et 30% des familles monoparentales sont touchées par la pauvreté. L'aide publique au développement représente 0,47% du PIB, ce qui place la France au 3ème rang des pays donateurs européens.
En matière d’émissions de gaz à effet de serre, elle est aussi un bon élève puisqu’elle en émet 4% de moins qu’en 1990. Aussi, son panel énergétique est plus large. Aujourd’hui, les énergies renouvelables représentent 7% de ses besoins énergétiques et 13% de sa consommation électrique. Bien que les transports de marchandises ou de voyageurs ne cessent d’augmenter, la consommation en produit pétrolier de la filière stagne depuis 2000 et a enregistrée une baisse notable en 2003. Trois facteurs expliquent ce phénomène : l’augmentation du prix des carburants, le ralentissement de la circulation et la baisse de la consommation des véhicules au kilomètre. On observe donc un découplage entre la croissance économique et la consommation d’énergie dans les transports. Depuis 30 ans, la productivité des ressources a augmentée de 50% et depuis 2000, elle augmente de 3,5 % par an grâce au développement des activités de services et la substitution partielle du nucléaire au charbon et au pétrole.
La perte de la biodiversité est mesurée à partir de l’évolution des populations d’Oiseaux et des ressources halieutiques. Dans les deux cas, on observe une diminution de leur effectif. En France, les populations des 65 espèces d’oiseaux communs ont globalement décliné (-18%) et celles dîtes spécialisées (milieux agricoles, ...) sont les plus touchées. Les populations de poissons souffrent quant à elles de la surpêche. Seulement 20% des stocks sont dans un bon état et la même proportion est dans un état critique.
Un élève moyen au sein de l’Union Européenne
Par rapport à ces voisins européens, la France fait figure d’élève moyen. Elle n’excelle que dans les domaines d’aides internationales et énergétiques. Son économie reste balbutiante puisque la croissance européenne a progressé de 1,8% entre 2000 et 2007. Ses politiques sociales sont en deçà des attentes de l’Union Européenne en matière de développement durable. La perte de la biodiversité est un problème que connait l’ensemble des pays européens et dans ce domaine, la France n’est pas plus mauvaise gestionnaire que les autres.
A l’avenir, il faudra faire encore plus d’efforts
Durant ces dernières années, l’Europe a émis de nouveaux objectifs ambitieux à atteindre dans tous les domaines. Les émissions de CO2 devront être inférieures de 20% voire 30% d’ici 2020 par rapport à 1990. La part de l’énergie renouvelable devra représenter 10% des besoins énergétiques et 21% de la consommation électrique en 2010. Cette même année, plus aucune espèce animale ne devra disparaitre. Enfin, 50% des personnes entre 55 et 64 ans devront travailler en 2010 et l’aide internationale devra représenter 0,7% du PIB en 2015.
Rapprot INSEE - La France et le Développement Duable