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Michel Barnier souhaite développer les circuits courts en France

Michel Barnier souhaite développer les circuits courts en FranceProduire durable et manger local ! Tel est le leitmotiv de Michel Barnier, Ministre de l’agriculture et de la pêche. Après s’être intéressé au mode de production agricole, le ministre s’attaque désormais à la commercialisation des produits agricoles et souhaite fortement développer les circuits courts en France.
 

L’arrivée de la grande distribution dans les années 60 et le développement de l’agroalimentaire ont peu à peu transformé nos modes de consommation et de production de produits agricoles. La disparition progressive d’exploitations du territoire aux profits de grandes exploitations mécanisées et de zones urbaines a fortement touché le paysage agricole français. Les grandes surfaces ont peu à peu remplacé les petits commerces de proximité rompant ainsi le lien social qui unissait le producteur du consommateur. La volonté, alliée à la possibilité de manger de tout, à n’importe quel moment, quelque soit la saison, a éloigné l’agriculture du consommateur et a impacté la qualité de ce que nous mettons dans nos assiettes.

Face à ces dérives, certaines initiatives commerciales, au coeur desquelles les circuits courts, trouvent un écho croissant dans notre société. De nouvelles formes de commercialisation voient le jour : marchés de paysans, Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), points de vente collectifs, vente en tournée, etc. Certains de ces circuits ne datent certes pas d’hier, mais connaissent un fort regain d’intérêt de la part des consommateurs, désireux de retrouver un contact direct avec le producteur (notamment en zone urbaine), de disposer de produits de bonne qualité et locaux et de soutenir et valoriser réellement des modes de production alternatifs.

Les circuits courts :

Un système de commercialisation qui favorise le rapprochement producteur/consommateur…

La commercialisation des produits agricoles en circuit court se différencie des circuits longs par le nombre d’intermédiaires qui sépare le producteur du consommateur. Les circuits courts ne renvoient donc pas directement à une notion de distance, même si celle-ci est nécessaire pour la viabilité du système, mais sur le nombre de personnes par lequel transitera le produit avant d’arriver dans l’assiette du consommateur final. Les circuits courts se limitent à un seul intermédiaire et se caractérisent donc par une proximité entre producteur et consommateur.

…. qui soutient un secteur fragilisé,

Raccourcir les circuits de vente oblige bien souvent le producteur à se diversifier (installation d’ateliers de transformation) et à réduire ses volumes de production. Selon le CROC*, cette diversification a permis à un grand nombre d’agriculteurs en difficulté de surmonter des périodes financières difficiles (dues à une chute des cours de production sur les marchés de gros). Ces systèmes de commercialisation ont également entraîné l’installation de nouvelles exploitations sur de faibles surfaces et la redynamisation de certains territoires (agritourisme).

… mais qui ne tient pas compte des modes de production.

Toutefois, il faut bien distinguer mode de commercialisation et mode de production. Bien que les producteurs engagés dans les circuits courts produisent bien souvent de manière durable, ce critère n’est pas une prérogative pour commercialiser en circuits courts. Un produit agricole, produit de manière intensive, sans respecter le cycle des saisons, pourra tout à fait approvisionner les étals des marchés.

C’est pour cela que certaines filières de vente, telles que les Amap, associent « production durable » et « production locale » afin de limiter au maximum l’impact environnemental de leurs produits.

Des impacts encore mal estimés mais globalement positifs

Malgré la forte médiatisation des ventes en circuits courts, les études qui tentent d’en estimer les impacts (économiques, environnementaux, climatiques…) sont encore rares. Mais chacun s’assure des apports positifs que leur développement apporterait au monde agricole. Certaines régions, telle que la Région Provence Alpes Côtes d’Azur, s’intéresse de plus en plus à ces filières et des études ont ainsi été lancées sur plusieurs territoires de projets (pays, PNR…) pour en mesurer leur développement potentiel.

C’est sur cette dynamique que Michel Barnier a crée début janvier un groupe de travail sur le développement des circuits courts en France. Rassemblant l’ensemble des acteurs publics, institutionnels et professionnels concernés, ce groupe devrait établir pour avril 2009, un plan d’actions de développement des circuits courts à l’échelle nationale. Ce plan permettra donc de soutenir fortement les petits producteurs, délaissés par un système d’aides européen principalement centré sur les grandes exploitations agricoles.

*Compétences Réseaux Observatoires Communication, INRA, Montpellier

[14-05-2009]
 

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