Kyoto 2012, objectif en vue pour l’Europe mais efforts à poursuivre

La Commission Européenne vient de publier son rapport d’avancement annuel sur la situation des Etats Membres quant à leurs objectifs Kyoto. Comme le souligne le Commissaire à l’Environnement, Stavros Dimas, « ces projections montrent qu’il n’y a pas de place ni pour l’autosatisfaction, ni pour l’erreur ». Avec les mesures mises en place actuellement, l’Europe atteindrait à peine son objectif, même avec les mesures qui sont actuellement ou seront rapidement mises en place. D’ores et déjà 7 pays annoncent qu’ils ne pourront vraisemblablement pas atteindre leurs objectifs.
Dans le cadre du Protocole de Kyoto, dont la première phase concernera la période 2008-2012, la Commission Européenne s’est engagée à réduire le niveau de ses émissions de gaz à effet de serre de 8% en dessous de leur niveau de 1990.
Chaque Etat, membre de l’Union Européenne avant 2004 (UE 15), s’est ainsi doté d’un objectif national de réduction dont le tout constitue l’objectif de l’Europe à l’égard du Protocole. Ceux qui y sont entrés après cette date, se sont quant à eux dotés d’objectifs individuels qui ne sont pas engageants au titre de Kyoto pour la phase 1 (exception faite de Chypre et de Malte qui n’ont aucun objectif).
Le rapport estime que l’objectif de 8% devrait être atteint d’ici à 2010 si toutes les actions prévues par les Etats aux niveaux nationaux sont mises en œuvre. Si l’on ajoute les 8 Etats Membres de l’UE 25 à s’être dotés d’objectifs, alors l’Europe devrait atteindre à cette date une réduction totale de 10,8%.
L’objectif serait atteint selon le schéma suivant : 0,6% de réduction obtenus par la poursuite d’actions déjà engagées, 4% supplémentaires grâce à la mise en œuvre prochaine d’actions déjà validées au niveau européen, 2,6% grâce à l’obtention de crédits d’émission par des Etats Membres ayant eu recours aux mécanismes de flexibilité du Protocole dans des pays tiers et enfin 0,8% issus des activités de forestation et de reforestation.
7 des 15 Etats Membres ont déjà annoncé qu’ils devraient dépasser les objectifs qu’ils s’étaient fixés d’ici à 2012. Il s’agit de l’Autriche, de la Belgique, du Danemark, de l’Irlande, de l’Italie, du Portugal et de l’Espagne.
8 des 10 pays qui sont entrés après 2004 dans l’UE se sont dotés d’objectifs de réduction de 6 ou 8% par rapport à leur année de référence. Même si ces derniers ne contribuent pas à l’objectif 2012 de l’UE 15, ils ont tous prévu d’atteindre leurs objectifs. Soulignons que ces pays ont connu de nombreux bouleversements (sociaux, économiques et environnementaux) depuis la chute du Bloc de l’Est, cette dernière correspondant à l’année de référence souvent utilisée par ces pays pour définir leur objectif de réduction. Depuis cette révolution historique, les anciens pays de l’Est ont entrepris de nombreux chantiers de modernisation, notamment dans les domaines énergétique et industriel. En utilisant comme année de référence 1989 ou 1990, on comprend qu’un quart de siècle après et quelques réformes engagées, ils puissent aujourd’hui afficher des résultats positifs en matière de réduction de GES.
Le rapport est donc plutôt optimiste même si il met en garde les Etats Membres face à la fragilité de la situation actuelle qui dépendra beaucoup des choix énergétiques de ces derniers et de la poursuite de leur action dans la lutte contre le changement climatique. La Commission Européenne appelle ainsi chaque Etat Membre a définir des PNAQ 2 ambitieux et à poursuivre leurs efforts.
[13-10-2008]