Le rapport de la Banque Mondiale sur le financement de projets: Alternative Energy Improving Lives

En 2006, la Banque mondiale a soutenu une soixantaine de projets de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dans 34 pays en voie de développement. Le but ultime de ces projets est d’améliorer la qualité de vie des populations. A l’heure actuelle, la disponibilité de l’énergie est en effet le meilleur moyen de surmonter la pauvreté matérielle, de donner une bonne éducation à ses enfants, d’assurer des soins ou de créer une entreprise.
Le 23 janvier dernier, le Groupe de la Banque mondiale a donc publié son bilan pour 2006.
Contrairement aux rapports des années précédentes, qui présentaient surtout les avancées quantitatives, celui-ci s’attache beaucoup plus à décrire la manière dont les projets contribuent à améliorer le bien être des populations.
A titre d’exemple, il est très intéressant d’étudier le lien entre le développement de la biomasse et la sécurité alimentaire d’un pays. En Afrique, près des deux tiers des familles, soit 580 millions de personnes dépendent du bois pour cuire leurs aliments et pour se chauffer. La Banque mondiale finance donc des projets de gestion durable et communautaire des forêts, qui ont le triple avantage de générer des revenus pour les villages producteurs, d’approvisionner les zones urbaines en bois et de limiter la déforestation. De même, l’utilisation de l’énergie solaire ou des agrocarburants pour cuire les aliments sont des pistes très intéressantes pour améliorer le bien être dans les pays en développement.
Il existe bien sûr de nombreux autres projets comme l’installation de double vitrage dans les écoles, de panneaux solaires photovoltaïques hors réseau, de systèmes d’éclairage basse consommation, ou encore de récupération de biogaz agricole...
D’après le rapport, la volatilité des prix de l’énergie, les incertitudes d’approvisionnement et les inquiétudes vis-à-vis de l’environnement amènent de plus en plus de pays en développement à reconsidérer les énergies alternatives. Toutefois, malgré des marchés de plus en plus matures et des coûts compétitifs, leur potentiel reste souvent inexploité.
Conscient que leur développement est un atout considérable pour ces pays, le Groupe de la Banque mondiale a décidé en 2004 d’augmenter son engagement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de 20% en moyenne par an jusqu’en 2009 et de poursuivre le développement de la grande hydraulique. Entre 2004 et 2005, l’augmentation a été de 78% et entre 2005 et 2006, de 44,9%.
Depuis 1990, le Groupe de la Banque mondiale a dépensé plus de 10 milliards de dollars dans le développement des énergies renouvelables et dans l’amélioration de l’efficacité énergétique des pays en développement, dont 860 millions en 2006 [221 millions dans les énergies renouvelables, 447 millions dans l’efficacité énergétique et 192 millions dans la grande hydraulique (> 10 MW de capacité)].
Néanmoins, cette aide est inégalement répartie entre les régions du globe. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les moins bien dotés (67 millions en 15 ans) alors que l’Asie orientale et le Pacifique ont concentré plus d’un tiers des financements (plus de 3,5 milliards de dollars). La répartition est également inégale entre les trois niveaux d’investissement que sont les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et la grande hydraulique. C’est en effet cette dernière qui a reçu la majorité des aides avec 4,5 milliards de dollars depuis 1990. Les deux autres sont à peu près à égalité avec 2,7 – 2,8 milliards.
[13-10-2008]