
A New York s'ouvre aujourd'hui une conférence réunissant des représentants de 46 grandes villes mondiales, pour le second “C40 Large Cities Climate Summit”. La seconde édition de ce sommet, après celui de Londres d'octobre 2005, se veut centrée sur l'innovation pour faire des grandes villes, qui représentent les trois quarts des gaz à effet de serre mondiaux, des acteurs de la lutte contre le changement climatique.
Le poids des grandes villes et métropoles dans le jeu de l'effet de serre
Le constat qui a initié ce sommet est simple : aujourd'hui, les grandes villes représentent les trois quarts des émissions de GES du monde, en particulier à cause des transports, du chauffage et de la climatisation des bâtiments, ou de la déforestation nécessaire à l'urbanisation.
Ce sommet ne représente pas une organisation permanente, contrairement à la Conférence Européenne des villes durables par exemple. Il s’agit là d'associer des représentants de grandes villes, et d’entreprises qui veulent s'engager à leurs côtés contre le changement climatique. On retrouve ainsi notamment JPMorganChase, Shell, Time Warner, Deutsche Bank, ou Siemens.
L'approche de la réduction des GES est ici claire, et conforme à la vision anglo-saxonne de la régulation économique : l’association de différents partenaires (municipalités, entreprises et milieux financiers), prévaut sur des normes et régulations publiques. Cette vision de la lutte contre le changement climatique se veut également localisée plutôt que globale, à l'instar de ce qui se passe aux Etats-Unis : des collectivités (villes, comtés, Etats..) ont pris des mesures pour limiter les émissions de GES, le gouvernement américain n’ayant pas adhéré au Protocole de Kyoto.
New York : le "mauvais élève" veut se racheter
C'est cette approche que le maire de la Ville de New York veut mettre en œuvre, avec pour objectif une réduction de 30% des émissions de GES de sa ville d'ici à 2030. En effet, New York est assez mauvais élève en matière d’effet de serre : 79% des émissions de GES new yorkaises proviennent ainsi de la consommation d’électricité des bâtiments de l’ensemble de la ville. La climatisation et le chauffage des bâtiments, notamment les vieux gratte-ciels, sont ainsi des postes très importants de consommation d’une électricité très largement produite par la combustion d’énergies fossiles.
C’est pourquoi Michael Bloomberg propose d’une part un système de péage pour les voitures sur l’île de Manhattan afin de limiter la circulation automobile, et le replantage d’un million d’arbres, mais aussi et surtout des dispositifs d’optimisation énergétique des bâtiments. Ainsi, un Fonds d’investissement énergétique a été créé, destiné à financer l’ensemble des travaux, par exemple pour améliorer l’isolation d’un building ; par la suite, le propriétaire du bâtiment remboursera le Fonds progressivement, en puisant dans les économies d’énergie réalisées.
Ce système rappelle que le maire de New York est avant tout un homme d’affaires, réputé philanthrope, qui met en avant l’initiative privée plutôt que la régulation publique. Ce dispositif du d’investissement, financé par de grandes entreprises, permet de combiner volonté politique et initiative privée et est un exemple intéressant de lutte volontaire contre l’effet de serre.
D'Addis-Abeba à Lima : le visage urbain du changement climatique
L’intérêt de cette conférence de New York réside dans la mise en avant de dispositifs innovants, et peut-être plus encore dans l’éventail des participants. En effet, dans la liste des villes invitées, on a un panorama assez complet de la planète. De New York à Pékin, en passant par Addis-Abeba, Lima, Paris, Istanbul ou Delhi, un grand nombre de profils urbains sont représentés.
Toutes ces villes, malgré leurs différences, sont aujourd’hui confrontées aux enjeux du changement climatique, bien que ce soit de diverses façons. A New York, elles pourront échanger, et nouer des relations propices à une action concertée contre les émissions de GES. Une illustration de l’adage du « sommet de la Terre » de Rio, « penser globalement, agir localement ».
Le site de la conférence (en anglais)