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Mardi 29 janvier, la Fédération des entreprises du Commerce et de la grande Distribution (FCD) a signé avec le ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables (Medad), une convention d'engagements pendant cinq ans en matière de développement durable. Agriculture bio, déchets, écoprofils, écolabels, etc, sont au programme. La FCD prend enfin ses responsabilités, ce sera désormais au tour des consommateurs de prendre les leurs en favorisant une "consommation responsable".Enfin, c'est fait! Après le secteur du transport aérien, le Medad est parvenu a convaincre le secteur de la grande distribution de s'engager dans la voie du développement durable. Il était temps! Il n'est pas inutile de rappeler que notre mode de consommation actuel a un impact considérable sur l'environnement. Mais à qui la faute? Durant ces trente dernières années, les grands enseignes ont alimenté une consommation de masse (voire une surconsommation) en privilégiant des produits "pas chers" grâce à une production de masse, une multiplication des emballages, un raccourcissement de la durée de vie des produits, un développement des produits à usage unique (lingettes, sacs...) etc, et ce, sans trop se soucier des répercutions environnementales (pollution, épuisement des ressources naturelles, déchets, etc.). L'adoption de cette convention est un premier pas dans la mutation de nos modes de consommation vers une consommation responsable qui permettra d'aboutir à terme, on l'espère, à une consommation dite "durable".
Élaborée dans le cadre du Grenelle de l'environnement, cette convention s'inscrit dans la continuité des deux programmes lancés par la FCD entre 2003 et 2005, favorisant le commerce durable. Ces programmes avaient abouti à une baisse du tonnage des emballages ménagers de près de 10% et à une réduction du nombre de sacs de caisse de 70% depuis 2002. Ce nouvel engagement de la FCD répond également à une nouvelle demande de la part des consommateurs. Cela est particulièrement visible dans le marché des produits bio. Aujourd'hui, ce marché ne représente que 1,1% des ventes alimentaires (contre 3,3% en Allemagne) mais bénéficie toutefois, d'une croissance de 9,5% par an depuis 1999. Les Français sont de plus en plus soucieux de connaître l'impact écologique de ce qu'ils mettent dans leur sac et d'avoir des moyens d'action pour le limiter.
Les acteurs de la grande distribution s'engagent à informer les consommateurs sur l'empreinte écologique de certains produits de la consommation courante. Afin d'y parvenir, la FCD coordonnera dès 2008 une expérimentation visant à mesurer les principaux impacts environnementaux d'un échantillon représentatif d'environ 300 produits. Des analyses de cycle de vie simplifiées alimenteront la base de données. Cette démarche se fera en concertation avec les industriels, les associations de consommateurs et les associations de protection de l'environnement et devrait s'étendre à l'ensemble des produits en 2010 en fonction des résultats obtenus. Le prix ne sera donc plus le seul critère déterminant dans le choix des produits et les consommateurs pourront se tourner plus facilement vers des biens plus propres et plus respectueux de l'environnement. En juillet 2007, l'enseigne Casino était le premier acteur de la grande distribution à se lancer dans l'"étiquettage vert" des produits qu'il distribue.
La FCD s'engage "à l'horizon de trois ans de doubler le nombre de produits mis sur le marché bénéficiant d'un écolabel". Soutenu par le Medad, la FCD organisera "une campagne d'information et de communication en 2008 et l'amplifiera en 2009". Les produits qui portent un écolabel ont un impact sur l'environnement réduit en comparaison avec des produits similaires. Actuellement en France, l'offre de produits écolabellisés est très faible. Il existe deux écolabels généraux délivrés par Afnor Certification : NF-Environnement et le label écologique européen. D'autres labels spécifiques ont été crées: agriculture biologique, Demeter, Cosmebio, Nature et progrès, FSC et MSC... Cependant, la multiplication des labels risque de perdre le consommateur dans un trop plein d'informations et une confusion et de diffuser la mauvaise idée que seuls les produits labellisés sont respectueux de l'environnement. Or, la labellisation a un coût financier que des petits producteurs d'agriculture biologique ne peuvent pas toujours s'offrir.
Un autre engagement de la FCD est d'"augmenter d'au moins 15% par an, la part des produits bio dans le total des ventes alimentaires". Cette augmentation ira forcément de pair avec une évolution de la production agricole française afin de sécuriser l'approvisionnement. Aujourd'hui, la culture biologique ne représente que 1,8% de la surface agricole en France. Une augmentation de la production bio aura certainement une répercussion à terme sur les coûts de ces produits qui tendront à la baisse. Actuellement, les produits bio sont relativement onéreux et restent réservés à une minorité.
De plus, les produits bio ne sont pas exempts des pollutions liées à leur transport. Dans certains cas, il sera préférable de privilégier un produit local à un produit bio cultiver aux Pays-Bas ou ailleurs en Europe et qui aura donc un impact écologique fort.
La grande distribution va également "s'engager pour réduire encore la production de déchets d'emballage d'au moins 10%, grâce à une action ambitieuse qui sera menée en 2008-2009 avec les industriels et les éco-organismes agrées concernées et en mettant l'accent sur une sélection de produits de grande consommation". Entre 1997 et 2006, le tonnage d'emballages avait réduit de 10% passant de 4,8 millions de tonnes à 4,4 millions de tonnes. Ainsi, l'engagement entrepris par la FCD est ambitieux. De plus, la grande distribution se "fixe pour objectif d'atteindre 75% de matériaux recyclés pour le verre et pour le papier-carton". Un bilan sera réalisé en 2010 sur les résultats obtenus.
La grande distribution s'engage à devenir plus vert et pour cela multipliera la réalisation de bilans carbone des magasins (26 500 points de vente généralisés en France). Cette démarche permettra à la FCD de "connaître et de maîtriser les émissions carbon et améliorer l'efficacité énergétique des magasins". Les énergies renouvelables, la récupération d'énergie et l'amélioration de la performance de systèmes de réfrigération seront également développés aussi bien dans les magasins existants que dans les nouveaux.
La FCD s'engagera à réduire ses émissions de gaz à effet de serre liées au transport en favorisant l'utilisation du fret ferroviaire et fluvial. Il limitera également les impacts visuels dans les paysages et les éco-systèmes de ses magasins. Ces démarches se feront en concertation avec les élus locaux.
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