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Habitat, énergie, déplacements, vacances : impacts des ménages français sur l’environnement

IFEN-extraitAlors que de nouvelles voix se sont récemment élevées, notamment aux Etats-Unis, pour nier ou minimiser notre responsabilité individuelle face au réchauffement climatique, une nouvelle publication de l’IFEN (Institut Français de l’Environnement) permet de faire le point sur l’évolution des modes de vie des Français et ses impacts sur l’environnement. Habitat, consommation d’énergie à domicile, déplacements et vacances sont les thèmes centraux d’une analyse riche en enseignements, qui remet en lumière le poids souvent sous-estimé de nos comportements domestiques sur l’état de nos ressources naturelles.
 
Illustrer nos responsabilités individuelles en matière d’environnement
L’impact de nos choix en matière de déplacements, de logement, d’équipements et plus généralement de consommation fait l’objet de nombreuses campagnes d’information et de sensibilisation, qu’elles soient menées par l’ADEME, les collectivités locales, les entreprises ou encore le MEDAD. Des dispositifs fonctionnent aujourd’hui pour fournir aux consommateurs les informations nécessaires, à l’image des étiquetages énergétiques imposés aux équipements électroménagers, ou des diagnostics de performance énergétique des logements.

Pour autant, les expériences de terrain montrent que malgré leurs déclarations d’intention, nombre d’entre nous rejettent volontiers la responsabilité des menaces qui pèsent sur notre environnement sur les « grandes entreprises », « l’Etat », « les usines »… Ceux-ci participent en effet à la dégradation des milieux ou à la consommation excessive de ressources limitées. Mais la plupart des organisations répondent avant tout aux actes d’achat ou de vote de tout un chacun, et demeurent, au moins ponctuellement, sensibles à nos réactions et à ce titre influençables dans leurs comportements. Seules une prise de conscience individuelle des conséquences de nos choix sur l’état de la planète et une évolution de nos modes de vie quotidiens vers plus d’écoresponsabilité peuvent permettre une réelle réduction des nuisances environnementales et des risques associés, changement climatique inclus. En donnant a minima le temps aux solutions technologiques adaptées d’être développées.

Or l’étude de l’IFEN, qui s’appuie sur des comparaisons à une échelle de temps souvent faible, 15 ans, 30 ans, 40 ans, montre clairement qu’en France tout au moins, nos consommations liées à l’habitat, aux déplacements, à la sphère domestique comme aux vacances, évoluent de manière très défavorable. L’étude, efficacement illustrée, est disponible en ligne (lien en bas de page). Morceaux choisis.
L’habitat : des logements plus nombreux, plus vastes, qui s’individualisent
Logement-extraitLes dynamiques propres à l’habitat en France posent notamment des questions d’urbanisation des territoires, d’artificialisation et d’imperméabilisation des sols, et d’émissions de gaz à effet de serre. La très nette tendance en faveur de l’habitat individuel face au collectif a pour conséquence un étalement urbain en pleine croissance. Selon l’IFEN, la surface occupée par l’habitat (3,7% du territoire français en 2003) croît 5 fois plus vite que la population. Le nombre de logements a ainsi augmenté de 27% depuis 1987.

Alors que leur surface moyenne augmente chaque année de 0,5% depuis 10 ans, ils accueillent en parallèle de moins en moins d’habitants. La densité urbaine, dont on sait qu’elle a tendance à minimiser les dégâts environnementaux, est passée en moyenne de 477 à 442 habitants au km2 entre 1982 et 1999. Cela signifie en creux que l’urbanisation progresse, et donc également les transports, la dégradation des sols, leur imperméabilisation - qui favorise notamment les inondations – la perte de biodiversité… En 2003, l’IFEN précise qu’un appartement occupe en moyenne 95m2 au sol, une maison en requiert 1127 m2.
 
Une consommation domestique d’énergie en hausse
La demande des ménages en énergie représente environ un tiers de la consommation totale au niveau national, une proportion qui légitime les efforts produits pour favoriser des équipements plus économes. A lui seul, le chauffage représente 14% des émissions de gaz à effet de serre en France ! Les surfaces concernées sont plus importantes, les ménages chauffent plus qu’auparavant (+ 2°C sur les 25 dernières années), les habitants comme les logements sont plus nombreux : autant de facteurs préoccupants en matière de politique de maîtrise de la demande énergétique.

Ces évolutions négatives sont renforcées par la multiplication des climatisations, qui émettent des gaz HFC, particulièrement favorables au réchauffement planétaire. Face à ces tendances, notons tout de même que près de 11% des ménages français ont investi en 2004 dans des travaux favorisant une maîtrise de leur demande énergétique, essentiellement pour améliorer l’isolation des logements ou la qualité de leurs systèmes de chauffage.
Déplacements en voiture : 1990-2005, le kilométrage total s’est accru de 39%
Pot d'échappement-extraitEn matière de transports, les constats ne sont pas plus encourageants face aux menaces qui pèsent sur l’environnement. Face à une offre de transports en commun qui ne cesse de croître (entre 1997 et 2002 le nombre de places globalement proposé augmente de 8,2%) et qui est désormais directement accessible à la moitié de la population française, leur fréquentation ne progresse pas. La voiture individuelle demeure en effet très largement majoritaire. Alors que les Français font part de préoccupations de plus en plus importantes face aux pollutions de l’air ou aux nuisances sonores, essentiellement liées aux transports motorisés, les émissions de gaz à effet de serre dues aux voitures des particuliers progressent. Elles représentaient 12% des émissions de GES en 1990, contre 15,5% en 2004.

Le taux d’équipement des ménages en voiture(s) est en augmentation constante, tout comme les distances parcourues : selon l’IFEN, une voiture parcourt en 2005 en moyenne 7% de kilomètres en plus qu’en 1990. Compte tenu du plus grand nombre de voitures, le kilométrage total, c'est-à-dire parcouru par l’ensemble du parc automobile, s’est ainsi accru de 39% en 15 ans ! Les efforts produits par les constructeurs pour proposer quelques véhicules moins dangereux pour l’environnement sont à l’évidence balayés par l’augmentation du trafic, sans oublier le vieillissement du parc automobile, et la multiplication de véhicules plus lourds, plus puissants… et plus consommateurs de carburant.
 
Une analyse originale : l’impact des vacances des Français sur l’environnement
L’étude de l’IFEN s’intéresse à un impact de nos modes de vie sur l’environnement plus rarement abordé : celui de nos vacances. Toujours cantonnée à la dimension environnementale, et focalisée sur les nuisances occasionnées par les déplacements liés aux vacances, l’analyse montre ainsi que cet impact négatif se renforce nettement. Les séjours sont plus courts, et plus nombreux. Ceux d’une durée de 3 à 4 nuitées se sont ainsi accrus de 14% simplement en 6 ans seulement, entre 1998 et 2004. Si l’on compare la situation de 1990 avec celle de 2004, le nombre de Français partant ainsi en vacances a augmenté de près de 25%.

Plus de vacanciers, plus de séjours, sur des périodes plus courtes, c’est évidemment plus de déplacements liés aux vacances. Ces trajets représentent selon l’IFEN 16% des émissions de GES émises en France par les véhicules de particuliers. Car la voiture, là encore, demeure très largement majoritaire. Le train ne représente en effet que 13% des déplacements de tourisme en France, alors qu’il émet 12 fois moins de gaz à effet de serre. Quant à l’avion, alors qu’il n’est utilisé que pour environ 10 millions de séjours à l’étranger (contre 165 millions de séjours par an pour les Français), il produit à lui seul plus d’émissions de gaz à effet de serre que l’ensemble des séjours effectués en voiture.
Retrouver toutes ces données détaillées et commentées dans la version intégrale du rapport de l'IFEN
[27-07-2011]
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