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Le 2 juillet, l’Afsset a rendu son avis sur l’expertise de l’Inserm relatif au lien entre cancer et environnement. Basées sur ces travaux et sur la consultation d’organismes scientifiques, de professionnels et d’associations, les conclusions de l’agence sont tournées résolument vers l’application du principe de précaution par la réduction des expositions aux facteurs de risque avérés et suspectés.L'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail), en rendant les conclusions de son étude « Cancer et Environnement », a ainsi pu démontrer que la plupart des cancers ont une origine multifactorielle et que l'environnement a une incidence substantielle dans l'apparition des cancers. Selon l'agence, depuis presque 30 ans, les facteurs environnementaux seraient responsables de l'augmentation du nombre de cancers, estimée à 35% chez les hommes et 43% chez les femmes. Il est donc désormais essentiel de privilégier les recherches visant à comprendre les mécanismes d'action et à élucider la toxicité d'une substance et ses interactions possibles avec d'autres facteurs, qu'ils soient génétiques, environnementaux, métaboliques ou comportementaux.
En d'autres termes, les nouvelles préconisations de l'agence s'orientent vers l'évaluation des risques sanitaires et non plus uniquement vers l'évaluation seule du danger des substances. Ainsi, des substances telles que le dichlorométhane « une substance produite à 11 000 tonnes par an, très utilisée dans l'industrie (...) et dans des produits courants (...) est associée à une exposition forte de la population. Pourtant la réglementation n'impose pas de règles contraignantes puisqu'il est classé cancérogène de catégorie 3 [effet suspecté mais non avéré] (...) » explique le directeur général de l'Afsset.
Par ailleurs, l'existence de plusieurs classifications pour les substances cancérogènes (nationale, européenne et internationale) est également source de confusion. Dans le cadre de cette étude, l'agence française recommande également la substitution des substances cancérogènes, le renforcement des études d'exposition et l'utilisation de biomarqueurs.
Par ailleurs, une autre spécificité de ces travaux réside dans l'intégration de la société civile dans les études d'évaluation des risques. En effet, face à la multiplicité des facteurs en lien avec la genèse des cancers et notamment tout ce qui a trait à l'environnement mais également aux modes de vie (comportement, alimentation...), l'Afsset encourage l'interdisciplinarité avec l'implication de la société civile, le recours aux sciences humaines et sociales mais aussi le développement d'une approche socio-économique. Pour cette dernière, il s'agit d'introduire de façon plus systématique les études coût-bénéfice : cette approche devrait permettre notamment d'éclairer les décideurs dans les cas où les absences de prévention sont avérées ou lorsque l'indemnisation des victimes est jugée nécessaire (cas de l'amiante).
Ces différentes propositions et recommandations devraient être intégrées aux prochains plans gouvernementaux et notamment le nouveau Plan national santé environnement (PNSE 2). En effet, les objectifs principaux de ce plan, à savoir la réduction des expositions responsables de pathologies à fort impact sur la santé, la protection de la santé et de l'environnement des personnes vulnérables, la réduction des inégalités d'exposition géographique et la préparation de l'avenir concernent directement la genèse des cancers, leurs causes et leurs effets et imposent donc une vision plus globale et transversale de leur étude.
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