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Les centrales solaires poussent comme des champignons dans nos campagnes françaises ! Cependant, au regard des enjeux économiques, écologiques, paysagers et climatiques qui en découlent, cet engouement pour les petits carrés bleus demande à être encadré et réfléchi pour en maîtriser toutes les conséquences.La nouvelle rente communale !
Les terres agricoles sont décidément très convoitées. Après la pression faite par les agrocarburants, c'est au tour du solaire de solliciter nos champs, sous couvert du développement durable et de la lutte contre le changement climatique. Favorisées par des procédures administratives allégées, des objectifs d'installations pour chaque région, un tarif d'achat d'électricité très intéressant, les fermes solaires appâtent un nombre croissant d'investisseurs, peu soucieux de transformer nos terres agricoles en centrales de production électrique.
De plus en plus de communes, alléchées par les mannes financières annoncées, cèdent leurs terres agricoles, forestières ou leurs espaces naturels pour accueillir de véritables usines solaires. Il faut savoir que le tarif à l'hectare des locations de terres agricoles pour le photovoltaïque peut-être jusqu'à cinq à six fois supérieur à celui pour l'agriculture selon les régions. Avec de tels écarts, il faut s'attendre à ce que le développement des panneaux solaires se fasse au détriment de la protection des activités agricoles ou des paysages, pourtant l'un des points phares du Grenelle Environnement.
A cela s'ajoute un autre facteur incitatif à l'installation de fermes : le coût croissant de l'énergie qui pèse de plus en plus lourd sur la facture énergétique communale. Pour les communes rurales, pauvres en entreprises et de manière induite, en taxe professionnelle, les centrales solaires au sol deviennent une véritable opportunité économique.
Nous ne disons pas non aux fermes solaires, mais plutôt attention !
Cependant, derrière cet impact économique alléchant, les fermes solaires renvoient à plusieurs enjeux mal maîtrisés par nos élus :
Le Verdon, une expérience intéressante !
D'une manière générale, la méconnaissance de ces enjeux de la part de nos élus ruraux nourrie cette effervescence alors que ces projets nécessitent réellement une réflexion de fond. En l'absence de mécanismes juridiques, réglementaires ou d'informations, certains territoires s'organisent et prennent des initiatives. C'est le cas par exemple du Parc Naturel du Verdon qui, via la mise en place d'un Conseil en Energie Partagé, encourage ses communes à inscrire leur projet de production dans une démarche plus globale de maîtrise de l'énergie en les contraignant à affecter un pourcentage des revenus générés par les projets de centrales solaires à des actions ou projets dédiés à la maîtrise de l'énergie. Le Parc a également défini un cahier des charges précis sur l'accueil de ces centrales sur son territoire afin de limiter leur impact environnemental et paysager.
Le Conseil en Energie Partagée est un service mis à disposition par l'ADEME aux communes de moins de 10 000 habitants qui ne possèdent pas en interne de compétences techniques en énergie. Majoritairement développé à l'échelle intercommunale, ce conseiller propose des conseils aux communes pour leur permettre de faire des choix en matière énergétique.
Enfin, une meilleure prise en compte des zones d'installations de fermes solaires dans les documents d'urbanisme (SCOT, PLU), garantirait une préservation des zones agricoles, forestières ou des espaces naturels.
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