Précisez votre recherche :
A l’occasion du forum FEDERE 2009 qui réunissait plus de 600 dirigeants et managers autour des enjeux du développement durable ces 25 et 26 mars derniers, l’Institut français d’opinion publique (IFOP) a présenté une enquête sur les attitudes et les actions des grandes entreprises en matière de développement durable. Cette enquête apporte une vision globale sur la perception des grandes entreprises françaises vis-à-vis des enjeux du développement durable à la lumière de la crise économique, des responsabilités des différents acteurs et des retombées de leurs engagements au profit du développement durable.
Pour cette enquête, l’IFOP a interrogé un échantillon de 200 dirigeants de grandes entreprises françaises de l’industrie et des services. La majorité des personnes interrogées assurent la direction des services développement durable au sein d’entreprises de moins de 5 000 salariés non cotées au CAC 40.
Plus des deux tiers des dirigeants interrogés (69%) estiment que la crise va conduire les entreprises à renforcer leurs actions en faveur du développement durable.
Cette perception globale se confirme à l’intérieur même des entreprises consultées puisque près des deux tiers d’entre elles (63%) déclarent déjà s’impliquer davantage dans des projets et actions au profit du développement durable.
On constate que plus l’entreprise est grande, plus elle perçoit la crise comme une opportunité favorable au développement durable et plus elle agit en sa faveur.
A noter que 66% du grand public estime inversement que la crise conduira les entreprises à réduire ce type d’actions.
Même si elles déclarent une grande implication, les entreprises sondées citent d’abord l’Etat (50%) puis les citoyens eux-mêmes (40%) comme les acteurs disposant du plus grand nombre de leviers d’action pour répondre aux enjeux du développement durable. En matière de responsabilité, ce sont encore une fois les très grandes entreprises qui manifestent le plus d’engagement.
Selon l’enquête, les exigences en matière de développement durable s’imposent en priorité aux entreprises, du fait de pressions externes : d’abord l’évolution des réglementations (83%), puis les risques liées à une crise d’image potentielle (54%). A noter que parmi les 11 critères d’évaluation, l’évolution des réglementations est le seul qui progresse par rapport à 2008.
Les dirigeants des entreprises interrogées ont par ailleurs pris en compte les pressions externes dans leur stratégie puisque 80% des sondés déclarent avoir des exigences fortes en matière de développement durable de la part de leur hiérarchie.
Parmi leurs domaines d’action prioritaires, les entreprises sondées citent unanimement la gestion des déchets (99%), la réduction des dépenses d’énergie (94%) et le respect des droits de l’homme et du droit du travail (93%).
L’influence du Grenelle de l’environnement sur les plans d’action des entreprises sondées se manifeste principalement dans leur volonté de réduire ou maîtriser la consommation d’énergie, autant en ce qui concerne leur patrimoine bâti que les processus de production. Les efforts en matière de transports, offre de produits et politique sociale restent mitigés.
En matière de retombées pour l’entreprise, les actions en faveur du développement durable sont jugées majoritairement positives même si elles accusent une forte diminution par rapport à 2008 certainement liée au contexte de crise.
En effet 91% des entreprises sondées estiment que ces actions permettent d’améliorer leur image (-6 points par rapport à 2008) et 89% d’entre elles estiment qu’elles permettent de développer l’innovation (44% à -21 points par rapport à 2008). A noter que la reconnaissance d’une amélioration des résultats économiques subit également une forte diminution par rapport à 2008 (-13 points).
Les clients restent la cible prioritaire de ces actions pour 87% des entreprises interrogées. La place des consommateurs en général augmente de 10 points par rapport à 2008 et celle des analystes financiers diminue fortement (-26 points).
Bien que 95% des entreprises interrogées déclarent déjà mener des actions de développement durable, la mise en place d’indicateurs permettant d’évaluer l’impact de ces actions n’est pas encore la règle puisque seulement 45% d’entre elles ont déjà mis en place de tels outils.
De la même manière la conduite de politiques internes de formation au développement durable parmi les entreprises interrogées reste minoritaire (43%) et en baisse de 10 points par rapport à 2008. Sur ce point, ce sont encore une fois les entreprises de plus de 5 000 salariés qui se démarquent puisque 83% d’entre elles déclarent avoir mis en place de telles initiatives contre seulement 31% pour celles comptant moins de 1 000 salariés.
On peut dire que l’un des principaux moteurs de l’action des grandes entreprises au profit du développement durable est désormais en marche avec le couple « Etat / évolution des réglementations » et que son importance est bien prise en compte par les entrepreneurs.
Le deuxième moteur matérialisé par le couple « citoyens / risques potentiels de crise d’image » est en perte de vitesse par rapport à 2008 et dans un contexte ou l’importance du développement durable aux yeux du consommateur s’amoindrit au profit de préoccupations plus économiques, cette tendance risque de prendre de l’ampleur.
La question du rôle moteur de l’Etat dans la promotion de modes de production et de consommation plus durables reste donc de toute première importance dans le contexte actuel.
electricite-verte.com, le portail de l'électricité verte, a été conçu par eQuiNeo et réalisé par Ginko et autodidacte.net