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Effet de serre et changement climatique

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Du lin pour diminuer les émissions de méthane

Lin-extraitPasser du lin au méthane, il n’y a qu’un pas. Une récente étude montre que le GIEC sous-estimerait une nouvelle fois la contribution du méthane au réchauffement climatique. Avant toute confirmation, la France peut d’ores et déjà s’en préoccuper et déterminer comment rendre l’élevage moins émetteur. L’utilisation des graines de lin dans les rations alimentaires des ruminants s’avère prometteuse.
 
Le méthane réchaufferait plus l’atmosphère que prévue

 Bien plus puissant que le dioxyde de Carbone (CO2), le méthane (CH4) absorbe 72 fois mieux le rayonnement infrarouge émis par la Terre. Cependant, il est bien moins abondant que le CO2 dans l'atmosphère. D'après le rapport 2007 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), le méthane contribuerait à hauteur de 15 % aux effets des émissions anthropiques mondiales de gaz à effet de serre Cela reste loin derrière le CO2  avec 58 % issus des combustibles fossiles et 16 % de la déforestation. Mais il y contribue deux fois plus que le protoxyde d'azote (N2O) avec 8 % des émissions.

Une récente étude de 2008 (Dessus et coll., 2008) amène à revoir à la hausse la nocivité du CH4. Cette analyse révèle que la plupart des acteurs du GIEC a interprété de façon hâtive la notion de « potentiel de réchauffement climatique » conduisant à sous estimé la nocivité du CH4  par rapport au CO2. Ainsi, le méthane serait 2,5 fois plus nocif que les estimations actuelles si l'on considère les effets sur cent ans voire 4,5 si on les considère sur 20 ans.

Dés lors que la contribution du méthane au réchauffement climatique est plus importante, la France doit favoriser des projets de diminution de méthane pour atteindre  les objectifs du  facteur 4.

L’élevage principal contributeur

A l'échelle mondiale, l'agriculture, notamment la production de riz et l'élevage, est le principal responsable des émissions de méthane (38%). Viennent ensuite: les systèmes énergétiques (33%), les déchets ménagers (pour l'essentiel issu du secteur agricole), le traitement des eaux (23%) et enfin, les industries et feux de forêts (6%). En France et en Europe, c'est essentiellement l'agriculture qui émet en grande quantité le méthane à cause de l'élevage intensif et des déchets issus des exploitations.

En 2004, le secteur agricole a produit 1950 kilotonnes de méthane. L'élevage en a émis 1900 kT dont 1300 issus de la fermentation entérique des ruminants et 600, du lisier et du fumier de l'ensemble des filières de l'élevage.

Capter et valoriser le CH4 issus du fumier et du lisier ne pose plus de problèmes techniques à condition d'assurer l'étanchéité des installations et de tels programmes sont aujourd'hui économiquement viables. La région Bretagne a ainsi financé trois usines à méthanisation dans des exploitations agricoles.

Reste que la majeure partie des émissions de méthane provient directement de la digestion des ruminants et ici, les solutions n'en sont qu'au stade de recherche.

Une solution développée par l’INRA

Dans de nombreux pays, différentes approches sont développées pour réduire les émissions de méthane d’origine digestive :

  • L’utilisation des biotechnologies pour modifier l’écosystème microbien
  • L’ajout d’additif alimentaire nouveau

 En France, l’INRA de Clermont-Ferrand / Theix mène une expérience sur l’alimentation des animaux d’élevage. Elle souhaite réduire la méthanogenèse en sélectionnant la ration alimentaire idéale. Les études menées sur des vaches laitières à la station expérimentale de l’organisme français sont prometteuses. L’apport de 6% de lipides riches en acides gras polyinsaturés issus de la graine de lin dans la ration des ruminants permet de réduire la production de CH4 de 27 à 37%. La productivité des vaches a, quant à elle, été maintenue voire diminuée dans certains cas. 

Cette expérimentation réalisée dans des conditions de recherche devra être validée à l'échelle d'une exploitation avec un plus grand nombre d'animaux. Il sera aussi nécessaire de vérifier la persistance de l'effet « graine de lin » sur la méthanogénése au long terme. Enfin, l'INRA devra aborder le coût économique et le bilan environnemental en cas d'extension de cette pratique. Notons que l'apport en plus grande quantité de graine de lin dans l'alimentation animale aura un effet bénéfique pour l'homme puisque le lait possédera une valeur nutritionnelle plus grande du fait de la richesse des graines en acide linoléique, un des acides gras essentiel.

[17-06-2009]
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