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Il y a seulement quelques années, la préservation de notre environnement et de notre cadre de vie se résumait à des préoccupations naturalistes principalement liées à la protection de la biodiversité. En effet la préservation des espèces et des milieux naturels représentaient des défis majeurs et occupaient une place de premier choix dans les politiques environnementales.Depuis quelques années, les menaces économiques liées à la raréfaction des énergies fossiles et au changement climatique occupent quotidiennement, et à juste titre, le devant de la scène. Face à ces enjeux nationaux et internationaux il semble que les problématiques liées à la préservation de la biodiversité aient perdu du terrain dans l’opinion des français.
Ceci semble regrettable au vu de la prise de conscience progressive et généralisée qu’avait su provoquer la sauvegarde de la biodiversité vis-à-vis du grand public dans les années 80 et 90. Alors comment faire comprendre que la sauvegarde de la biodiversité est aussi importante que la lutte contre le réchauffement climatique ?
Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord repositionner la question générale de la biodiversité dans les discours environnementalistes et politiques afin de prendre conscience que la biodiversité joue un rôle économique essentiel dans les activités humaines. En effet, du rôle pollinisateur des insectes à la découverte de nouvelles molécules à usage thérapeutique en passant par la protection des sols contre l’érosion, les services écologiques rendus par la biodiversité sont multiples.
Cependant, le désavantage de la biodiversité sur les autres thématiques environnementales, comme le réchauffement climatique ou les économies d’énergie, est qu’elle touche beaucoup moins directement le grand public et les élus qui ne saisissent pas forcément l’intérêt et la nécessité de préserver ce patrimoine biologique. La question est généralement reléguée à un débat entre scientifiques et sans véritables enjeux globaux. C’est précisément là que se trouve le levier d’action : la prise en compte de la thématique résiderait donc dans la capacité des scientifiques à mieux communiquer sur la question. Les travaux réalisés par ces derniers depuis quelques années semblent aller dans ce sens.
L’une des solutions permettant de sensibiliser efficacement le grand public et les élus aux enjeux de la biodiversité serait d’évaluer financièrement les services écologiques rendus par le monde du vivant. Ces chiffres permettraient une prise de conscience de la valeur économique des différents éléments de la biodiversité et du poids qu’ils représentent dans notre système économique. Cette approche à l’avantage de mettre en évidence le rôle crucial que joue la biodiversité dans les activités humaines et permet d’appréhender le caractère « irremplaçable » des éléments la constituant. Même si l’évaluation économique des services écologiques est complexe et souvent approximative, des chiffres intéressants et avec un impact communiquant fort, ont pu être mis à jour. Par exemple une étude sur le poids économique des abeilles dans le PIB américain a révélé que les services directs (miel) et indirects (pollinisation) rendus sont évalués à 15 milliards de dollars.
Au-delà de ces évaluations économiques n’oublions pas que la biodiversité est à la base de notre alimentation, de notre médecine, mais aussi de notre patrimoine culturel. Les enjeux liés à la préservation de la biodiversité sont cruciaux et il conviendra de réagir vite afin de ne plus se limiter aux zones de protection de biodiversité exceptionnelle et d’étendre des actions de protection fortes à destination d’espaces naturels tels que les parcs urbains ou les écosystèmes agricoles (haies, mares…) qui semblent plus « ordinaires ».
[1] Voir article de l’INRAelectricite-verte.com, le portail de l'électricité verte, a été conçu par eQuiNeo et réalisé par Ginko et autodidacte.net