Base de connaissances

Moteur de recherche

Le développement durable

Précisez votre recherche :

Carton, plastique, verre, … le classement « écologique » des emballages selon Tetra Pak !

Plastiques-extraitOn a souvent bien du mal à savoir si notre brique de lait en carton possède un coût environnemental plus important que sa voisine en plastique. Dans la plupart des cas, quand la question se pose, nous laissons bien souvent notre logique seule compétente de la réponse. Le calcul mené peut paraître un peu trop simpliste mais il repose sur du bon sens : Plastique = pétrole, Carton = arbre, Verre = 100% recyclable … Or les conclusions de l’étude commandée par Tetra Pack sur l’analyse des cycles de vie des emballages présents sur le marché brisent ces « mythes environnementaux et historiques ».
 

Bien qu’étant une fervente adepte de la consommation responsable, je dois admettre qu’il m’arrive bien souvent de ne pas savoir quels produits je dois privilégier en prenant en compte uniquement le critère de l’emballage. Bien sûr quand l’étiquetage écologique existera ce dilemme ne sera plus d’actualité, mais en attendant je me fie à mes connaissances personnelles et quelques idées reçues en la matière. Ainsi mon premier réflexe serait de privilégier les produits en verre, matériau 100% recyclable et d’un impact écologique moindre en comparaison de ses sœurettes en plastique et en carton. Or la récente étude réalisée par Bio Intelligence Services à la demande de Tetra Pak, montrerait que non seulement je suis en totale erreur mais que je suis, en plus, une grande pollueuse.

Étude Tetra Pak : l'ACV des emballages

Cette étude, dont les résultats ont été rendus publics récemment, portait sur l’analyse des cycles de vie (ACV) des principaux emballages des trois grands produits présents sur le marché : les bouteilles de lait en 1l (plastiques PEHD et Polyéthylène, carton), le jus de fruit en 1l et en 250 ml (verre, plastique et carton). Il s’agissait de mesurer leur empreinte écologique de l’étape de fabrication à leur destruction (ou valorisation) et d’en dégager des marges de progrès. Quand on sait que chaque année, les Français consomment plus de 5 milliards d’emballages pour le lait et les jus de fruit, on reconnaît la pertinence d’une telle étude, notamment pour ce leader industriel de l’emballage en carton.


Le résultat obtenu est sans appel : alors que l’emballage en carton (emballages de Tetra Pak), possède une empreinte écologique minime, les emballages en verre, sont quant à eux, nettement plus polluants. Coup de bol pour l’industriel qui réalise là une formidable opération marketing et se voit porter au haut rang de défenseur de la cause environnementale. Nous partons donc du principe que cette étude est juste et transparente. Une contre expertise à d’ores et déjà été lancée par un Comité de revue critique, composé de Olivier Labasse (délégué du Conseil national de l’emballage), Yan Liziard (expert ACV et ex-directeur des filières de recyclage d’Eco emballages) et Grégoire Even (WWF).

Cinq critères d’évaluation

Afin de réaliser cette étude, cinq indicateurs d’impacts environnementaux ont été sélectionnés :
-    le réchauffement climatique (contribution à l’effet de serre) ;
-    la consommation d’énergie d’origine non renouvelable ;
-    la consommation de ressources non renouvelables ;
-    l’acidification de l’air (soit l’augmentation en substances acidifiantes dans la basse atmosphère) ;
-    l’eutrophisation (l’introduction de nutriments sous forme de composés phosphatés ou azotés perturbant l’écosystème en favorisant la prolifération de certaines espèces).

L’analyse du cycle de vie se divise en quatre étapes :
-    la fabrication ;
-    le conditionnement des emballages ;
-    la distribution des produits emballés ;
-    la fin de vie de l’emballage (collecte et traitement des déchets générés).

Bouteilles de lait de 1l : la bouteille en carton Tetra Brik sort largement gagnante

Les résultats de l’enquête sont largement en faveur des emballages Tetra Pak, et ce, sur les cinq indicateurs. Le conditionnement plastique PEHD exige 95% d’énergie en plus et 112% de ressources non renouvelables que le carton. Sur l’ensemble de son ACV, la brique de lait Tetra Pak émettra 83 g de CO2 contre 143 g pour une bouteille en plastique PEHD, soit 42% en moins.


Un petit bémol vient toutefois noircir ce « magnifique » tableau. Selon Bio Intelligence Service, les emballages plastiques seraient davantage valorisés que les emballages carton et donc présenteraient un impact environnemental meilleur. Cette différence s’expliquerait par un tri d’emballage plastique plus efficace en France. Étonnant lorsque l’on sait que tous les plastiques ne sont pas recyclables contrairement au carton et que l’information en la matière reste peu efficace.

Jus de fruit de 1l : le verre, mauvais élève

Beaucoup seront comme moi étonnés de ce résultat : la bouteille de verre, supposée à tort vertueuse pour l’environnement et historiquement appréciée des Français, serait un matériau lourd d’un point de vue environnemental. Un mythe s’effondre : bien que 100% recyclable, le verre n’en est pas moins polluant. Ceci s’explique principalement  par sa fabrication qui reste très énergivore. Au total, la bouteille de verre rejetterait 345 g de CO2 contre seulement 87 g pour la bouteille Tetra Brik et 129 g pour la bouteille PET.


La brique Tétra Pak sort là encore victorieuse des tests excepté sur le taux d’acidification de l’air où il est 22% supérieur à la bouteille plastique.

 
Quant à sa petite sœur de 250 ml, là encore, le carton est à privilégier. Émettant 26 g de CO2, la Tetra Prisma rejette trois fois moins de gaz à effet de serre que sa concurrente en plastique (97 g). Cependant, il n’est pas inutile de rappeler que les produits individuels, tels que ces petites bouteilles, sont à l’origine de la forte augmentation de nos déchets et qu’ils sont donc à consommer avec « modération ».

Pour résumer l'étude, Tetra Pak est super et le verre est à oublier. Bref, c’est le monde à l’envers ! Le mieux pour limiter nos pollutions reste encore de consommer plus intelligemment. Faîtes donc les marchés, allez chez votre crémier et rapportez lui vos pots vides qu’il réutilisera bien volontiers. En gros il s’agit de remettre la consigne au goût du jour. Certains pays comme la Suède ou quelques Etats des Etats-Unis ont compris cela, et offrent la possibilité à leurs citoyens de gonfler leur porte-monnaie via ses petits gestes écologiques. En Afrique, la consigne est toujours d’actualité et permet de nombreuses économies de fabrication. En France, nous avons opté pour le consommé-jeté et aujourd’hui nous sommes submergés par nos déchets !

[14-05-2009]
 

electricite-verte.com, le portail de l'électricité verte, a été conçu par eQuiNeo et réalisé par Ginko et autodidacte.net